Le Japon d'Asiemutée

"Un chemin de mille lieux commence toujours par un premier pas" Lao Tseu Mon premier pas au Japon m'a été fatal ... je suis tombée sous le charme du pays du Soleil Levant, de sa culture, de ses paysages ... et je ne m'en suis pas encore relevée !!

30 juin 2009

Petite chronique d'Asakusa : un peu d'histoire ... d'Asakusa au quartier des plaisirs de Yoshiwara ...

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Asakusa est le quartier de Tokyo qui m'est le plus familier. C'est là que j'ai séjourné lors de mes deux séjours dans la capitale nippone, en juillet 2006 et mai 2009.

Asakusa, situé au nord-est de Tokyo, est au coeur de la ville basse (Shitmachi) - en opposition à Yamanote, la ville haute - là où s'installèrent à l'époque d'Edo les commerçants et artisans ; la ville haute étant alors réservée aux samouraïs et à leur famille.


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Géographiquement, Asakusa est bien situé en dehors de la fameuse ligne Yamanote qui encercle la ville haute qui comprend une grande partie des quartiers huppés de Tokyo.


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C'est donc parce que je connais un peu mieux Asakusa, et que j'ai un réel attachement à ce quartier, que je vais en parler un peu plus longuement, au travers de "Petite chronique d'Asakusa", clin d'oeil à l'oeuvre de jeunesse de Kawabata Yasunari "Chronique d'Asakusa".


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Un peu d'histoire donc ...

Dès l'époque des Tokugawa (1603/1867) les foules affluent sur Asakusa. Le quartier, situé au nord-est d'Edo, se développe autour du Senso-ji, le plus vieux temple bouddhiste de la ville.


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En ces temps, la vie est particulièrement rude ; rendre visite au temple Kannon est un acte des plus recommandables.


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Pourtant, malgré ses mille feux, la divinité n'aurait jamais été aussi éclatante sans l'aide de quelques ombres voisines : la première est celle qui place Asakusa sur la route menant à Yoshiwara, célèbre royaume des maisons closes.


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Quartier des courtisanes vers 1890


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La seconde est le fait des autorités shogunales qui, au milieu du 19ème siècle, refoulent en périphérie le kabuki, théâtre jugé trop délétère pour le coeur de leur cité. Ses acteurs qui jouent des rôles de femmes (onnagata) envahissent alors Asakusa et apprennent auprès des courtisanes de Yoshiwara.

Après la deuxième guerre mondiale, Asakusa est réduite en cendres. Le quartier se reconstruit, sans perdre pour autant son échelle humaine.


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Prélude au désir d'Utamaro Kitagawa (1753-806)


L'art du plaisir - l'ukiyô-e, le monde flottant ...

Situé au nord d'Asakusa, Yoshiwara (rebaptisé aujourd'hui Senzoku) fut une enclave de plaisirs pendant trois siècles (1657/1957). Le shogunat ne pouvant interdire la prostitution (beaucoup de célibataires vivaient alors à Edo) décida de la parquer.


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Yoshiwara 1791/1792 - Shusho Katsukawa


Le quartier clos précéda les maisons closes avec un art du plaisir, dit-on, des plus subtils selon le rang des courtisanes. Car celui-ci avait son étiquette. Il faillit même trouver sa voie comme l'art de la guerre ou l'art du thé.


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Yoshiwara 1791/1792 - Shusho Katsukawa


Au milieu du 18ème siècle, le quartier comptait plus de 7000 filles - certaines peu fortunées - l'art d'aimer relevant de la survie pour nombre de paysannes embrigadées. Un temple leur était même dédié : Nagekomi dera (celui où on jette les corps).


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Le quartier des plaisirs de Yoshiwara est évoqué dans le film japonais réalisé par Mika Ninagawa : Sakuran.


Alors que je me promenais dans les jardins du Senso ji, une photographe était en train de réaliser des photos de "courtisanes" et m'a très gentiment autorisée à prendre ces photos  ...


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27 juin 2009

Encore sur l'île de Tsukudajima ...

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Le quartier de Tsukudajima a survécu au séisme de 1923 et aux bombardements de la Deuxième Guerre mondiale. A l'ombre des grandes tours, plusieurs maisons et commerces au charme désuet subsistent et l'atmosphère reste celle d'un vieux quartier tranquille et sympathique. Pourvu qu'il le reste et ne soit pas, une fois de plus, la proie des promoteurs sans scrupules !
Je l'ai visité assez tôt le matin, un jour de semaine, c'est pourquoi il semble désert. Ce qui n'est pas le cas le week-end, les promenades le long de la Sumida et dans le quartier résidentiel étant fort agréables et le quartier regorge paraît-il de petits restaurants très appréciés des tokyoïtes.

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Pour répondre à Béa du "Bord doré des nuages", les habitants des tours ne sont certainement pas les rares pêcheurs qui subsistent et qui ont sans doute conservé leurs anciennes demeures près des canaux. Le prix au m² doit être assez exorbitant dans ce quartier idéalement situé et, bien que les tours semblent inhabitées dans la journée - tout le monde étant au travail - ce n'est pas le cas le soir où elles sont grandement illuminées.

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Ouf !!! je crois que j'ai battu mon record de photos insérées dans un post !!!! Enfin, quand on aime, on ne compte pas !!!

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25 juin 2009

Le petit port des pêcheurs de l'île de Tsukudajima ...

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Jusqu'en 1868,Tokyo était connue sous le nom d'Edo, "La porte de la baie".
Jusqu'aux premières années du XVII ème siècle, la marée venait pratiquement battre les remparts du château d'Edo, résidence du shogun. Au cours tu temps, tandis que la ville prenait de l'ampleur, de plus en plus de terres furent récupérées sur la baie.
L'histoire du développement urbain à Edo et à Tokyo est aussi l'histoire de l'expansion de la ville sur la mer.

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Tsukudajima fut récupérée sur une zone du littoral découverte à marée basse, au milieu du XVII ème siècle.
Des pêcheurs s'y installèrent et s'employèrent à approvisionner Edo en poissons frais.

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Au pied des tours, se trouve un véritable havre de paix où on peut encore voir des bateaux de pêche et de vieux bateaux de plaisance à l'ancre qui rappellent ces temps révolus où la pêche était ici une industrie importante.

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"Barques et rivages
se répondent
dans la longueur du jour"


Haïku de Masaoka Shiki
"Anthologie du poème court japonais
"

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Découvrez John Williams!

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21 juin 2009

Les mariés du Meiji jingû ...

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Le sanctuaire Meiji, situé dans le quartier d'Harajuku, est le lieu sacré shintoïste le plus important de Tokyo. Les dépouilles de l'empereur Meiji (qui règna de 1868 à 1912) et de son épouse y sont conservées.

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Le dimanche au Meiji jingû, c'est le jour des mariages, comme ICI à Nagasaki où je parlais un peu plus longuement de ces cérémonies.

La mariée est généralement vêtue d'un magnifique kimono blanc ou fleuri et porte une coiffe blanche. Le marié, quant à lui, porte la tenue traditionnelle composée du hakana (large pantalon plissé) et du haori, une tunique longue.

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Il existe encore des mariages arrangés au Japon ; on les appelle des omiai. La femme et l'homme, mis en contact par un nakodo (personne qui arrange la rencontre, une femme généralement ...) échangent au préalables des photos et des lettres d'introduction avant de convenir de l'omiai ... cet usage est longuement évoqué dans le magnifique roman de Junichirô Tanizaki "Quatre soeurs" dont je ne résiste pas à publier un extrait ...

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"Sachi ko avait presque oublié comment, à la fin de novembre de l'année précédente, alors que les négociations concernant Segoshi (le prétendant du moment) marquaient le pas, elle avait rencontré Mme Jimba à un croisement de rues dans Osaka. Elles avaient parlé vingt ou trente minutes ; le nom de Youki ko avait été prononcé. Mme Jimba s'était écriée : "Comment, votre soeur n'est pas encore mariée!" Satchi ko lui avait demandé de lui faire savoir à l'occasion si elle connaissait un parti possible, puis elles s'étaient séparées. A ce moment, elle s'imaginait que les négociations regardant Segoshi allaient prendre un tour favorable ; elle avait parlé à Mme Jimba à moitié en plaisant, mais cette dernière avait pris la chose au sérieux. Elle avait demandé par la suite des nouvelles de Youki ko.
La vérité était qu'elle avait négligé d'en parler plus tôt, mais un cousin de M. Hamada Jôkitchi (ce dernier était le directeur de la compagnie des tramways du Kansai) envers qui son mari avait des obligations avait perdu sa femme quelques années auparavant et on lui cherchait une seconde femme ; M. Hamada avait demandé instamment qu'on voulût bien lui signaler une bonne union possible ; il lui avait même joint une photographie.
Mme Jimba avait pensé à Youki ko. Son mari ne connaissait pas personnellement ce monsieur, mais, comme il était recommandé par M. Hamada, aucune erreur n'était possible à son sujet. En tout cas, elle allait envoyer la photo sous pli séparé ; les Makioka voudraient peut être faire une enquête pour avoir des détails ; ils pouvaient se baser sur les renseignements écrits au dos de la photo.

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S'ils jujeaient ensuite que la candidature pouvait être envisagée, Satchi ko n'avait qu'à le lui dire et elle serait toujours heureuse d'arranger une entrevue. Il valait mieux discuter ces sujets de vive voix, mais, comme on avait l'air de presser leurs recherches, elle jugeait bon d'écrire, quoi qu'il advînt. Le lendemain arrivait la photographie.
Satchi ko envoya immédiatement une lettre de remerciements. Elle était très reconnaissante à Mme Jimba de son amabilité, mais elle demandait qu'on lui accordât un mois ou deux pour donner une réponse : Youki ko venait à peine de rompre des pourparlers de mariage. En pensant à ce que pouvait être son état d'esprit, elle jugeait préférable de mettre quelque temps avant de lui parler d'un nouveau projet ; ils voulaient cette fois se donner le temps d'agir avec prudence ; après avoir fait une enquête complète, elle aurait recours à Mme Jimba le cas échéant. Ainsi que Mme Jimba le savaitn Youki ko se mariait tard ; trop d'entrevues s'étaient terminées sans résultat, de sorte qu'elle était vraiment à plaindre. Ainsi écrivait-elle en toute sincérité.
Cette fois ils conduiraient eux-mêmes leur enquête sans précipitation ; si elle était satisfaisante, ils parleraient à la maison aînée, puis à Youki ko."

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18 juin 2009

Departures ... cadavres exquis ...


... et film exquis !!


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C'est l'histoire d'un jeune violoncelliste, Daigo, dont l'orchestre a fait faillite. Il retourne dans sa ville natale avec sa femme, y cherche du travail, et, croyant se rendre dans une agence de voyage, se fait embaucher dans une entreprise de pompes funèbres.

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Le patron décide de lui transmettre son savoir qui consiste à préparer les morts selon les rites shintoïstes : comment les laver, les habiller, les maquiller, afin qu'ils partent en paix ...

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Ses amis refusent de lui parler, sa femme est horrifiée. Pourtant, de la même façon qu'il jouait du violoncelle, Daigo trouve un accord parfait dans ses gestes lents et découvre qu'il est né pour faire ce métier.

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Departures, réalisé par le réalisateur Japonais Yojiro Takita, a obtenu l'Oscar 2009 du meilleur film étranger. Etrangement, ce film n'est pas triste tant la mort y est évoquée avec une grande délicatesse. Il y a des moments drôles, beaucoup d'émotion : je l'avoue, j'ai ri mais j'ai aussi beaucoup pleuré. Pourtant je n'ai ressenti aucune tristesse, au contraire, une forme de soulagement, un souffle d'espoir.


 

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Détails du Senso-ji

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Le cimetière Yanaka

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16 juin 2009

Merci Canalblog ...

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... merci d'avoir mis mon blog en coup de coeur, j'en suis très touchée !!

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Autant dire que depuis hier mes stats explosent ... et mes chevilles risquent d'enfler ;o)) Etait-ce prémonitoire, en tous les cas j'ai pris mes dispositions avant de rentrer du Japon ...

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... j'ai même prévu le modèle XXL !!!

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Merci à tous pour vos visites et vos commentaires (je vous répondrai individuellement), je suis heureuse de partager à travers ce modeste blog mon goût du voyage et ma passion pour ce pays auquel je me suis durablement et profondément attachée.

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Dômo arigatô gozaimasu (encore merci ...) à vous tous qui me suivez régulièrement - depuis 2006 sur Asiemutée pour certains - je ne suis pas toujours très présente, mais j'ai toujours autant de plaisir à vous lire et à vous rendre visite !

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"Tant que les gens voyagerons encore dans de lointains villages retirés où ils trouveront une petite chambre pour passer la nuit, tant qu'ils auront plaisir à se contenter de transports en commun et des vendeurs des quatre saisons, ils trouveront du réconfort dans de petites choses".

Alexandra David-Néel "Lampe de sagesse"

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Dewa mata !!
A bientôt !!

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13 juin 2009

Taguée ... oui mais ...

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Taguée par Twinkle, je n'ai pas voulu refuser, mais je me suis permis quelques petites libertés, je n'aime pas ce qui est trop convenu ! Et comme Twinkle aime sans doute autant que moi le Japon, il ne pouvait qu'en être l'illustration !!!

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1/ Faire part de huit souhaits

Je préfère publier ce poème de Jacques Brel "Souhaits" ; il comporte au moins huit de mes souhaits ...

"Le seul fait de rêver est déjà très important
Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir
Et l'envie furieuse d'en réaliser quelques uns
Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer
Et d'oublier ce qu'il faut oublier
Je vous souhaite des passions
Je vous souhaite des silences
Je vous souhaite des chants d'oiseaux au réveil
Et des rires d'enfants
Je vous souhaite de résister à l'enlisement
A l'indifférence, aux vertus négatives de notre époque
Je vous souhaite surtout d'être vous ..."

2/ Le sens des 10 mots suivants

Blog : connexion

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Enfant : jeune pousse d'homme

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Création : invention divine, puis humaine ...

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Scrap : du chinois pour moi, enfin du japonais plutôt ...

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Bonheur : trop souvent éphémère. A partager pour qu'il soit complet (le regard du marié m'a particulièrement interpellée ...)

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Prix : "Nous sommes la somme de nos actes" (Je crois que c'est Jean-Paul Sartre qui a écrit cela ...)

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Croix : le Svatiska, symbole de l'Inde repris par le bouddhisme (et qui n'a bien entendu rien à voir avec une autre croix tristement "célèbre")

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Message : a malheureusement déserté la boîte aux lettres et envahi la boîte email

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Vie : quelle formidable énigme !!

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Passion : Nihon muron !

Le Japon, évidemment !!!!

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Voila, promesse tenue ma chère Twinkle ... Autre petite entorse au "règlement" je ne passe pas le relais, par contre, si le coeur vous en dit ...

Toutes les photos ont été prises lors de mon séjour à Tokyo, en mai dernier.

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11 juin 2009

La loterie sacrée d'Asakusa ...

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Les Japonais se rendent souvent dans les sanctuaires (ici au Senso-ji d'Asakusa) pour consulter l'omikuji (la loterie sacrée ...) notamment avant un évènement important (voyage, mariage ...).

Il suffit de secouer une boîte et attendre qu'une fine baguette sorte par un petit trou. Sur cette baguette, figure un numéro de 1 à 100 en numérotation japonaise. Il faut alors prendre un papier dans le tiroir en bois qui porte ledit numéro.

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Il y a alors quatre probabilités :

- daikichi (très grande chance)
- kichi (grande chance)
- shokichi (petite chance)
- kyo (malchance)

Seul le kyo sera attaché à un fil ou à la branche d'un arbre pour conjurer le mauvais sort !


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A voir le sourire de la jeune fille, je suis persuadée qu'ils n'ont pas tiré un kyo ce jour-là !!
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09 juin 2009

Un soir de mai à Ginza ... "La Trace" de Richard Collasse

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C'est à Ginza, quartier central de Tokyo situé entre les jardins est du palais impérial et les rives de la Sumida que l'on frappait la monnaie d'argent à l'époque Edo. Ce n'est donc sans doute pas un hasard si aujourd'hui, tout ce qu'il y a de brillant, de chic et de cher, se trouve à Ginza.

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C'est bien par hasard que Richard Collasse, aujourd'hui président de Chanel Japon, a atterri sur le sol nippon dans les années 70. De ce pays, il ne connaissait que le Mont Fuji aperçu dans une fameuse publicité pour le bain moussant Obao et le Topcon, un appareil photo, fruit de la haute technologie japonaise, que son père lui avait offert.

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Impossible de trouver la publicité où l'on voit le Fuji-san ... celle-ci, inspirée des estampes japonaises est plus ancienne, elle date des années 60. Le nom O.BA.O a été donné pour rappeler l'o-furo (bain japonais), bien que l'on ne verra jamais de mousse dans un o-furo !!

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Le roman en partie autobiographique de Richard Collasse, "La Trace", a connu un très grand succès au Japon mais est passé un peu inaperçu en France où il a été publié en 2007 (il vient d'ailleurs de sortir en livre de poche). Ce n'est certes pas de la grande littérature bien que d'une fort belle écriture, mais un très agréable voyage en "japonie" à travers le regard bleu de ce jeune homme tombé en amour pour ce pays et qui sera douloureusement rattrapé par son passé à l'automne de sa vie ...

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Note de l'éditeur

"De nos jours, président d'une prestigieuse maison de luxe implantée au Japon, le narrateur, un Français d'une cinquantaine d'années, mène une vie en apparence sans histoires. Marié à une femme japonaise qu'il aime, il se passionne aussi pour la photographie. Un matin, sa secrétaire lui remet une lettre anonyme, écrite en japonais. Commence alors un travail de mémoire qui conduit notre homme à interroger son propre passé : son enfance en Afrique du Nord, sa découverte du Japon, dans les années 70, son ascension sociale et professionnelle dans un pays qui le fascine. Il y a aussi les zones d'ombre, entre remords et souvenirs refoulés, d'où refait surface un amour de jeunesse, une Japonaise que le narrateur a rencontrée lors de son premier voyage. Et si l'énigmatique auteur des lettres, c'était elle ?"

En effet, l'auteure des lettres est bien Akane, l'éphémère premier amour du narrateur. Akane qui décide de lui écrire après avoir lu un article sur lui dans le journal nippon l'"Asahi".

Extrait

"Pour être franche, plus que vous-même, c'est l'harmonie du cadre et le souci du détail de cette photo qui m'ont attirée, bien que vous soyez très convaincant : un chef d'entreprise heureux et équilibré, fier de la société pour laquelle il travaille. J'ai toujours pensé qu'un homme devait être fier de son entreprise, comme c'était le cas autrefois au Japon. Aujourd'hui, les jeunes Japonais ne sont plus fiers de la société qui les emploie. Ils ne mettent plus le badge au revers de leur veston. Mais peut-être les entreprises ne méritent-elles plus qu'on les respecte.
Je me suis dit en regardant cette photo qu'il faudrait un jour, si je monte à Tokyo, que j'aille voir cet immeuble, si bien situé au coeur de Ginza, bien que je n'aie pour le luxe français pas d'argent à consacrer. Une réalisation architecturale de cette facture doit émouvoir même une femme sans culture comme moi.
En page intérieure, j'ai trouvé la seconde photo si différente de la première. On pourrait se demander si le personnage est le même, tant il est difficile de vous reconnaître. N'étaient ce vos lunettes rondes cerclées de métal à la Lennon et votre nom sous la photo, on pourrait croire que le journal s'est trompé de cliché ...
On se demande comment il peut y avoir tant de contraste sur un même visage !
Vous êtes serein, alors que sur l'autre photo vous apparaissez tendu, bien que souriant. Sur la première photo, vous offrez le visage de quelqu'un qui a les pieds sur terre, qui ne laisse pas de place au rêve, à la mélancolie, alors qu'on retrouve dans votre regard sur la seconde photo une absence, presque de la tristesse.
Sur la première photo, vous êtes tranchant, énergique, on sent sous l'amabilité de la dureté, de la détermination. Vous êtes heureux ; plus exactement, vous semblez content de vous. On n'a pas envie de vous aimer.
Sur la seconde photo, rien de cela. Vous vous êtes retiré au plus profond de vous, une rivière enfouie sous les sables d'un désert. Votre regard semble traduire une profonde culpabilité, comme si vous aviez commis une faute dont vous ne vous souvenez peut-être pas. Votre corps est dans une posture semblable à celle de la première photo, mais, curieusement, ici vous semblez recroquevillé, en attente d'un châtiment. Ces ondes sont si étranges dans ce cadre qu'on devine paisible et empreint de sérénité !
Vous êtes transfiguré. Comme si vous aviez changé de masque. Cela en est presque effrayant, ces deux mondes opposés en un même homme, sous une même peau le conflit de deux personnalités !
Je me demande si vous avez apprécié que le journal retienne ce second cliché qui dévoile en vous la fragilité, le doute, si brutalement opposé à l'autre, tellement plus commercial, plus vendeur, plus flatteur ! Ou bien était-ce précisément ce que vous cherchiez ? Peut-être vouliez-vous dire au lecteur "Je ne suis pas ce que je parais."
Un trouble m'a saisie, un air de déjà-vu.
Alors, j'ai commencé la lecture de l'article."

"Ainsi se terminait, brutalement, la lettre, telle une falaise abrupte qu'on découvre au bout d'une longue marche sur un plateau.
J'ai cru un instant qu'il manquait des feuillets. Mais une formule de politesse banale, avec une date, trois jours plus tôt, et une signature parfaitement illisible barraient la fin du texte.
Saisi du malaise que la rédactrice de cette lettre semblait vouloir susciter, j'ai replié les feuillets et les ai glissés dans leur enveloppe, que j'ai rangée dans le seul tiroir de mon bureau toujours fermé à cléf, celui où je serre les classeurs des rémunérations et des entretiens d'appréciation de nos employés.
Je me suis retourné vers la grande baie vitrée derrière moi, qui donne sur l'enfilade de Ginza. Le nouveau panneau publicitaire de la bière Sapporo, cinquante mètres carrés de diodes électroluminescentes, remplissait le ciel d'une mousse virtuelle qui débordait d'un verre. La pomme sur l'immeuble de Macintosh, plus sobre, tournait sur son axe.
Puis je me suis levé, j'ai éteint ma lampe de bureau et je suis allé prendre mon train pour Kamakura."

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"Ce n'est pas une mauvaise chose, le passé. C'est la trace qu'on laisse derrière soi. Vivre, c'est fabriquer du passé ! C'est inévitable."

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06 juin 2009

Tokyo towaaa ... comme ils disent ...

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"En quittant ma chambre d'hôtel
ici à Tokyo
voici les quatre trucs que je vérifie à chaque fois :
que j'ai mon passeport
mon carnet
mon stylo
et mon dictionnaire anglais-japonais.
Quant au reste de la vie, c'est une complète énigme."
Tokyo, le 26 mai 1976

Richard Brautigan "Journal Japonais"

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24 avril 2009

Petite pause ... le temps de quelques lontaines vacances ...

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ailleurs ... là-bas ...

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City Glow de Chiho Aoshima

Quelques mots sur Chiho Aoshima, qui illustre ma nouvelle bannière par ailleurs ..

Chiho Aoshima est une jeune artiste japonaise née à Tokyo en 1974. Elève de Takashi Murakami, elle fait partie de la Kaikai Kiki Co Ldt, sorte de factory créée par ce dernier.
Née dans l'univers des mangas et des nouvelles technologies, Chiho Aoshima, comme ses condisciples, associe l'iconographie traditionnelle japonaise à celle de la société contemporaine, créant ainsi un monde de contradiction coloré où la science fiction et les mangas peuvent notamment devenir prétexte à une réflexion écologique ...

Je trouve que son oeuvre illustre bien le texte de l'auteure ci-dessous ...

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"Je me perds dans Tokyo, pachydermique, pléthorique et magique, bric-à-brac de tours dont l'arrogance n'a rien à envier à celle des funestes jumelles new-yorkaises, d'artères encombrées, de paisibles ruelles fleuries, de restaurants, de bars à bière ou à saké que servent des mutants aux cheveux verts ou violets, de Lawson et de Strabucks Coffee. Tokyo où les invités à dîner s'eclipsent le repas à peine avalé, à cause de l'interminable trajet qui les attend. Où pour vous conduire, les chauffeurs de taxi demandent le plan du quartier où vous voulez vous rendre. Des cortèges de vieilles dames prennent le petit déjeuner au "Saint Germain" tandis que des enfants-moineaux (frêles, si frêles!) coiffés de bobs assortis à leurs uniformes sautillent vers leur école sans prendre la peine de me regarder. Ils en voient d'autres dans leurs dessins animés télévisés ! Sur les façades, à hauteur de ciel, les affiches au néon vociférant dans leur langue, somptueuse et hermétique, vous aveuglent de leurs cris sitôt la tombée du soleil.

Pourtant, on me tendrait un fil d'Ariane pour me retrouver dans ce labyrinthe que je ne le saisirais pas. Au bout de quelques jours, le touriste le plus obtus arrive à balbutier "arigato", "domo", "konichiwa", "sumimasen". Il commence à manier maladroitement des baguettes, à faire des courbettes et ainsi, à coups de gestes futiles, il se berce de l'illusion qu'il signifie à ceux qui l'entourent qu'il est dans leur camp. Il tient à leur prouver qu'il renie Pierre Loti (et ses pareils) qui évrivait dans Madame Chrysanthème (1887) : "Comme nous sommes loin de ce peuple japonais, comme nous sommes de race dissemblable!" ...

Si je ne veux rien comprendre à Tokyo, c'est que protégée par cette bienheureuse opacité, tel un foetus au fin fond d'un utérus, je peux enfin me fermer à tous les bruits. Toujours, en tous lieux, ma quête de moi-même a été parasitée, empêchée par le problème identitaire. Jamais, je n'ai eu le loisir de me poser ces questions autrement complexes. Quel genre de personne suis-je exactement ? Ai-je bon coeur ? Suis-je timide ? Ou sauvage ? Ou arrogante ? Pourquoi est-ce que j'aime tant la musique triste, les requiems, le Stabat Mater de Vivaldi ? Pourquoi n'ai-je jamais écrit de poésie ? Même à seize ans ? Ai-je pu survivre, intacte, à mon enfance ?

Ô, délices de l'introspection ! Dans cet environnement qui ne m'offre pas de repères, je peux plonger et replonger dans mes eaux intérieures comme un scaphandrier néophyte."

Extrait de "Le monde à l'envers ou l'Empire des signes revisité" de l'écrivaine guadeloupéenne Maryse CONDE

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Oups, j'allais oublier. Je vous confie mes carpes koï ... si vous voulez bien les nourrir ...

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en contrepartie, vous invite dans un restaurant à sushi ...

Jaa mata ne, ki o tsukete  ... à très bientôt, prenez bien soin de vous ... et de mes koï ;o))

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17 avril 2009

Ailleurs ...

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"Faut-il le dire ? Pour moi, l'Europe, avec ses provinces : Italie, Angleterre, Allemagne, Espagne, Hollande ... n'est pas de l'ailleurs.
Ni même, bizarrement, puisque nous sommes tellement dissemblables, les Etats-Unis. Pour mon esprit et presque à mes yeux, l'ailleurs commence au moins quand on enjambe la mer de Marmara, quand le détroit du Bosphore est franchi, et que la traversée de l'Asie commence. Je crois que si cette traversée est menée à son extrême, le Japon, elle conduit en même temps, en une certaine manière, à l'extrême de la différence.

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L'arrivée à Narita de nos jours peut entretenir pendant quelques heures supplémentaires les illusions du voyageur international qui penserait que tout se ressemble. Roissy ou Narita, même faux miel, ou même combat. Autoroutes françaises ou japonaises, même enfer. Mais si l'autoroute de Tokyo enjambe, survole, entraîne, à ses pieds demeure la têtue réalité japonaise.
Nouvel arrivant, surtout pas d'erreur, pas de faux songes : sous le béton, la tradition, et sous le boulonné des plaques, le flot têtu de l'insaisissable."

Jean PEROL
"Tokyo"

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14 avril 2009

Itadakimasu ...

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"La cuisine japonaise, a-t-on pu dire, n'est pas chose qui se mange, mais chose qui se regarde ; dans un cas comme celui-là, je serais tenté de dire : qui se regarde et, mieux encore qui se médite ! Tel est, en effet, le résultat de la silencieuse harmonie entre la lueur des chandelles clignotant dans l'ombre et le reflet des laques ...
Tous les pays du monde ont certes dû rechercher des accords de couleurs entre les mets, la vaisselle et même les murs ; la cuisine japonaise en tous cas, si elle est servie dans un endroit trop bien éclairé, dans de la vaisselle à dominante blanche, en perd la moitié de son attrait. La soupe au miso rouge, par exemple, que nous consommons tous les matins, voyez un peu sa couleur, et vous comprendrez aisément qu'on l'ait inventée dans les sombres maisons d'autrefois. Il m'est arrivé un jour, convié à une réunion de thé, de m'y voir présenter du miso, et cette soupe bourbeuse, couleur d'argile, que j'avais toujours consommée sans y prêter attention, je lui découvris soudain en la voyant, à la diffuse lueur des chandelles, qui stagnait au fond du bol de laque noir, une réelle profondeur et une teinte des plus appétissantes.
Le shôyu de même, et surtout si l'on use, comme on le fait dans la région de Kyôto pour assaisonner le poisson cru, les légumes confits ou bouillis, de cette variété épaisse que l'on nomme tamari, cette sauce gluante et luisante gagne beaucoup à être vue dans l'ombre et forme, avec l'obscurité, un accord parfait. De leur côté, le miso blanc, le tôfu, le kamaboko, le gruau de patates, les poissons à chair blanche, bref, tous les aliments blancs ne peuvent être mis en valeur si l'on éclaire l'environnement. Et le riz tout le premier, sa seule vue, lorsqu'il est présenté dans une boîte de laque noire et brillante déposée dans un coin obscur, satisfait notre sens esthétique, et du même coup stimule notre appétit. Ce riz immaculé, cuit à point, amoncelé dans une boîte noire, qui, dès l'instant que l'on soulève le couvercle, émet une chaude vapeur, et dont chaque grain brille comme une perle, il n'est pas un seul Japonais qui à sa vue n'en ressente l'irremplaçable générosité. Arrivé à ce point, l'on se rend compte de ce que notre cuisine s'accorde avec l'ombre, qu'entre elle et l'obscurité il existe des liens indestructibles."

Junichirô TANIZAKI
"Eloge de l'ombre"

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Itadakimasu (littéralement "je reçois"), c'est la formule que l'on utilise traditionnellement au Japon lorsque l'on débute un repas, l'équivalent de notre "bon appétit" national. En cours de repas, si l'on apprécie les mets, il est de bon ton de lancer de petits oishii desu !! (c'est bon).

Je fais partie de ceux qui pensent qu'on apprend beaucoup sur un pays au travers de sa cuisine ... au Japon, à part les sushi et les sashimi, ce fut une découverte, tant sur les marchés où, bien que familiarisée avec l'Asie depuis plusieurs années, j'ai vu tant de mets, de légumes, de produits inconnus, que dans les restaurants et les ryokan (auberges traditionnelles).

La cuisine japonaise est comme le Japon, elle se mérite ...

Quelques plats dégustés l'été dernier au ryokan de Beppu. Il y a beaucoup de plats froids, la cuisine japonaise étant étroitement liée aux saisons :

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suno-mono - salades vinaigrées raffinées aux algues, méduses, oeufs de poissons nacrés ...

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sashimi - filets de poissons et fruits de mer crus, accompagnés de wasabi, daikon (navet) rapé, feuille de shiso et de sauce de soja

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nigiri sushi - lamelles de poissons et fruits de mer et fine couche de wasabi sur des boulettes de riz, toujours servis avec des fines tranches de gingembre mariné

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buri no teri-yaki - steak de poisson grillé enduit de soja et de mirin (alcool de saké sucré)

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on dirait un nez de cochon, mais c'est du renkon (racine de lotus) servi avec du poisson cuit dans une sauce au soja avec edamame (haricot de soja vert)

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o-suimono  - soupes limpides avec des champignons, du tofu ou des boulettes de poisson

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chawan mushi - flan salé cuit à la vapeur garni de légumes, de fruits de mer, ou de noix de ginko

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sukiyaki - fondue de boeuf et de sansai (légumes de saison) que l'on prépare soi-même sur un petit réchaud

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Enfin, dès que l'on quitte la table et ses hôtes, il est coutume de dire gochisôsama !! merci pour ce repas !!

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07 avril 2009

Les 24 temples du Daitoku-ji à Kyoto ... où il est question du Maître de Thé, Sen No Rikyû ...

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"J'ai pu louer - un coup de chance - un bâtiment dans l'immense enceinte du temple bouddhique du Daitoku-ji.
Littéralement traduite, notre adresse donne "Pavillon de l'Auspicieux Nuage, temple de la Grande Vertu, quartier de la Prairie Pourpre, secteur nord, Kyoto."

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Ce n'est malheureusement pas ma future adresse à Kyôto, mais celle où Nicolas Bouvier résida, ainsi qu'il le raconte dans "Chronique japonaise".

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Situé dans la partie nord de la ville de Kyoto, le Daitoku-ji, ensemble de temples zen, ne compte pas moins de 24 temples secondaires. Tous ne se visitent pas, mais on peut flâner le long des allées pavées et bordées d'immenses pins. Une balade zen, si on excepte, en été, le chant des assourdissant des cigales ... les provençales (les cigales, bien sûr ...) sont aphones comparées aux japonaises !!

Je ne manque pas, à chaque séjour à Kyoto, de consacrer au moins une demi-journée au Daitoku-ji, qu'il fasse beau ou qu'il pleuve, je ne résiste pas au charme des lieux.

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Dès que l'on pénètre dans l'enceinte, il y a un petit abri où du thé chaud attend en permanence le visiteur.

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Caché dans un jardin de thé, derrière un des temples, se trouve également un restaurant traditionnel où l'on peut déguster une délicieuse cuisine végétarienne.

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Le Ryogen-in, fondé en 1502 et entouré de quatre jardins différents (dont j'ai déjà parlé ICI)

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Le Daisen-in, un des temples secondaires du Daitoku-ji les plus célèbres. Il était malheureusement interdit de prendre des photos des peintures et des magnifiques jardins intérieurs. Disons que j'ai un peu bravé l'interdiction ...

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Le Koto-in et son roji (jardin de thé), le temple le plus visité à l'automne pour ses bosquets d'érables

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L'histoire du Daitoku-ji est liée de très près à celle de Sen No Rikyû - Le Maître de Thé - qui y suivit notamment ses entrainements zen, et y est enterré après s'être suicidé pour une sombre histoire qui a certainement un lien avec le Daitoku-ji.

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Au cours du XVIème siècle, la cérémonie de thé se transforme en un art sophistiqué accompli par des Maîtres de Thé dont Sen No Rikyû.
Refusant l'ostentation pour chercher le raffinement dans la simplicité, Rikyû devient le plus grand maître de la cérémonie du thé.
Les goûts du gouverneur militaire Toyotomi Hideyoshi étant tout à fait ostentatoires, Rikyû perd sa faveur et doit de suicider par seppuku en 1591.
Les véritables raisons demeurent inconnues.
Certains pensent qu'il avait fait partie d'un complot visant à empoisonner Hideyoshi pendant une cérémonie de thé ; d'autres estiment qu'il avait blessé son orgueil en installant sa propre statue au sommet de la porte (San mon) du temple de Daitoku - il était impensable pour un gouverneur de passer au-dessous de l'effigie d'un vassal.
Autre explication plus plausible : le gouverneur s'intéressait à la fille de Rikyû et voulut l'intégrer à son harem, s'exposant au refus du Maître de Thé ... il semblerait que l'enquête ne soit pas close ...
Pour parler un peu de la cérémonie de thé, Rikyû fut le pionnier dans l'utilisation des bols à thé Raku et avait une préférence pour les objets sobres (wabi) et rustiques du Japon, plutôt que les objets chinois très chers qui étaient à la mode à cette époque. Il a aussi développé e nombreux instruments pour la cérémonie du thé, incluant des vases à fleurs, des boules à thé et des reposes couvercles en bambou, et utilisa aussi des objets de tous les jours, souvent de nouvelle façon.
Bien qu'il ne fut pas l'inventeur de la philosophie de wabi-sabi, qui trouve la beauté dans la simplicité, Rikyû est parmi eux qui sont principalement responsables pour l'avoir popularisé et incorporé à la cérémonie du thé.

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Selon Rikyû, il y a quatre qualités fondamentales qui doivent être illustrées dans une cérémonie de thé :
- harmonie,
- respect,
- pureté,
- tranquillité

Rikyû enseignait de nombreuses choses à propos de la cérémonie du thé. Deux de ses paroles les plus connues sont :

"Bien que de nombreuses personnes boivent du thé,
Si tu ne connais pas la voie du thé,
C'est le thé qui te boira."

"La voie du thé n'est rien que cela : tout d'abord tu fais bouillir de l'eau, ensuite tu fais le thé, et tu le bois."

Le sens de l'esthétisme de Rikyû influença aussi le design. Il popularisa l'utilisation de petites lanternes en pierre comme ornement de jardin.

Je vous recommande l'excellent roman de Yasushi Inoué "Le Maître de Thé"

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Note des traducteurs

"La Voie du Thé n'avait à l'origine qu'un but : déguster le plus délicieux thé possible. Peu à peu, elle s'éloigne de la simple gourmandise et s'oriente vers la recherche d'une manière de préparer et servir le thé : un rituel dont, au XVè siècle, les formes sont définitivement fixées par les Maîtres Jukô et Jyôô (Shôô dans le roman). Imprégnée d'esprit zen, la cérémonie s'organise selon les principes d'austérité et de dépouillement de cette religion.
C'est après cette période fondatrice que Rikyû (1522-1591) entre en scène : il s'efforce d'appliquer ce style "simple et sain" non seulement à la préparation du thé mais à toutes les composantes de la cérémonie, c'est-à-dire à la salle, au décor, aux ustensiles (d'où les longues énumérations des noms dont les Maîtres baptisent leurs plus précieuses céramiques). Il tentera avec plus ou moins de bonheur (il vit en des temps de conflits terribles) de relier la Voie du Thé à celle des guerriers samouraï.
Les personnages de ce roman, y compris le narrateur, ont réellement existé, mais Honkakubô n'à laissé aucun cahier. Tous ses entretiens sont donc une invention de l'auteur."

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04 avril 2009

Le japonisme et les impressionnistes ...

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Le japonisme désigne l'influence de l'art japonais des estampes sur les peintres impressionnistes vers la fin du 19ème siècle. Après 1860, l'Extrême Orient, et en particulier le Japon, devient une source d'inspiration pour les peintres français et européens qui opèrent une révolution dans leur art. Avec l'ouverture du Japon, les artistes européens découvrent les estampes des peintres de l'ukiyo-e (scènes du monde flottant) aux expositions de Londres et de Paris, ainsi que chez des collectionneurs privés. Désormais, l'inspiration venue du Japon se transforme en influence : en étudiant les estampes d'Utamaro,

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Hiroshige (collection Monet)

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Hiroshige (collection Monet)

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Hokusai (collection Monet)

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Utamaro (collection Monet)

de Hokusai, de Hiroshige ... les peintres impressionnistes trouvent des voies d'exploration qui bouleversent l'ordre académique établi : de nouvelles conceptions se présentent pour les couleurs et la lumière, les lignes, la composition et la perspective mais aussi pour les sujets.

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La femme en rouge de Monet (portrait de son épouse)

Claude Monet possédait une collection de 250 estampes qui sont aujourd'hui exposées dans sa maison de Giverny. Dans le jardin de cette maison se trouve toujours le petit pont de style japonais qu'il a peint aux quatre saisons ; son reflet dans l'eau se mêle aux nymphéas dont les couleurs ont fascine l'artiste. Il a trouvé ces couleurs dans les estampes d'Hiroshige, peintre-voyageur des paysages du Tokkaïdo (la route entre Tokyo et Kyoto). Monet a également peint sa femme (La Japonaise) dans un kimono au rouge vif, un éventail déployé près du visage, à la manière des beautés d'Utamaro.

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Le pont japonais au jardin de Giverny

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Les nymphéas de Monet

Van Gogh possédait plus de 400 estampes aujourd'hui visibles au musée d'Amsterdam. Il était sans doute le plus fervent des japonistes, ainsi qu'il écrivit à son frère Théo en 1886 "Tout mon travail se construit pour ainsi dire sur les japonais ... L'art japonais est en décadence dans sa patrie, mais il jette de nouvelles racines chez les impressionnistes."

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Portrait du père Tanguy de Van Gogh

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Pruniers en fleurs de Van Gogh selon Hiroshige (à gauche)

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La courtisane de Van Gogh d'après une revue "japonisante" de l'époque

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Pluie sur le pont de Van Gogh (à droite) d'après une estampe d'Hiroshige

Edouard Degas, Edouard Manet, Paul Cézanne, et Henri de Toulouse-Lautrec, entre autres, ont été également influencés par les estampes japonaises.

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Un nymphéa et un tournesol que j'ai photographiés cet été à Beppu et près du Mont Aso ...

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01 avril 2009

Le chant du rossignol au château de Nijô à Kyôto ...

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La période de Momoyama fut une époque de batailles incessantes pour l'unification du Japon livrée par de célèbres chefs de guerre. Mais ce fut aussi l'époque des fortifications et des imposants (châteaux fortifiés) érigés pour leur défense par les daimyô (seigneurs féodaux) locaux et les généraux qui devaient désormais combattre avec les armes à feu venues d'occident. L'un des rares châteaux encore visibles aujourd'hui - beaucoup ont été détruits par les guerres successives - est celui de Nijô à Kyôto, commencé en 1569 et achevé au début de XVIIème siècle par Tokugawa Ieyasu. Il constitue l'exemple typique du hirajirô (château résidentiel de plaine), édifié non pas sur une hauteur mais sur un terrain plat et entouré de murailles et d'un fossé.


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Le portail d'entrée Kara-mon (porte chinoise) est le plus important. C'est par celui-ci qu'on franchit les murailles du château. Cette entrée fastueuse donne accès aux pavillons et au très vaste jardin qui comprend des petits lacs et des cours d'eau.


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Ce portail est bâti en bois, peint de couleurs vives et orné de lourds éléments décoratifs en métal, richement sculptés et recouverts d'or. Le toit est de forme convexe dans sa partie centrale, et ses deux extrémités sont recourbées vers le haut. Le dessus de la porte est orné d'une frise sculptée d'oiseaux en vol, de paons et de fleurs volubiles délicates.


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L'architecture des corridors présente une singularité : ses planchers "rossignol". En effet, lorsque l'on marche sur les planchers de bois, ils émettent un bruissement semblable au chant du rossignol, qui servait à avertir de la présence d'intrus et à alerter en cas d'attaque surprise. Il est malheureusement interdit de les photographier, ainsi que l'intérieur du bâtiment, dont les murs et les plafonds sont richement décorés dans le style de l'école Kanô. La décoration intérieure fut l'une des plus importantes commandes passées à Kanô Tan'yî par le shogun Tokugawa Ieyasu. Sur fond d'or, sont peints avec une riche palette toutes sortes de motifs.
J'ai tout de même trouvé quelques photos sur internet, de piètre qualité malheureusement, mais la visite était vraiment fabuleuse.


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Cerisiers en fleurs sur des panneaux coulissants


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Pins gigantesques et hérons sauvages dans un décor hivernal


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Dans la première grande chambre, des daimyo (seigneurs féodaux) de cire présentent leurs respects au shogun sous son dais.


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Le site comprend un élégant jardin paysager avec étang et s'étend sur l'un des plus beaux parcs municipaux de Kyôto. Ce jardin est célèbre pour la richesse et la variété de ses rochers.


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28 mars 2009

Kyoto sakura ...

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"Lorsque vint l'époque, on discuta pour savoir quel jour serait le plus convenable pour voir les fleurs dans toute leur beauté. Il fallait choisir un dimanche à cause de Teinosuke et d'Etsou ko. Les trois soeurs avaient peur de la pluie ou du vent, tout comme les anciens, dont Satchi ko avait trouvé jadis les craintes tellement vulgaires. Il y avait bien les cerisiers autour d'Ashiya et on pouvait en contempler un grand nombre par les fenêtres du tramway sur la ligne Osaka-Kobe ; ce n'est pas seulement à Kyoto qu'il s'en trouvait, mais, de même que Satchi ko estimait qu'il n'y avait pas de dorades supérieures à celles d'Akashi, elle s'imaginait qu'elle n'avait pas vu de fleurs de cerisiers si elle n'avait pas contemplé celles de Kyoto.

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Au printemps précédent, Teinosuke avait hasardé que pour changer on pouvait aller au pont de Brocart ; mais, après leur retour, Satchi ko avait eu l'air d'avoir oublié quelque chose ; elle avait l'impression que ce printemps-là n'était pas un vrai printemps ; elle avait pressé Teinosuke d'aller à Kyoto, où ils étaient arrivés encore à temps pour voir les cerisiers d'Omouro. Leur programme habituel était celui-ci : départ le samedi après-midi, dîner de bonne heure au restaurant de la Gourde, puis, après avoir vu les danses auxquelles ils ne manquaient jamais d'assister, en revenant ils contemplaient les cerisiers de Gion aux lumières ; ils passaient la nuit à l'hôtel ; le lendemain, ils allaient à Arashi-yama ; ils consommaient dans une auberge le repas froid qu'ils avaient apporté et rentraient en ville l'après-midi pour voir les cerisiers du temple de Heian.

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Alors Etsou ko s'en retournait avec ses deux jeunes tantes, laissant Teinosuke et Satchi ko passer encore une nuit à Kyoto. Ainsi se terminait l'excursion. Satchi ko laissait pour la fin les cerisiers du temple de Heian parce qu'ils étaient les plus beaux de l'ancienne capitale ; leurs fleurs étaient les plus splendides."

Junichirô TANIZAKI
"Quatre soeurs"

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"De nos jours, nombreux sont encore à Kyoto les monastères avec des jardins de pierres.
Parmi les plus célèbres, figurent ceux du Saihô-ji, du Pavillon d'Argent, du Ryôan-ji, du Daitoku-ji, du Myöshin-ji. Mais le plus renommé de tous est celui du Ryôan-ji dont on dit, non sans raison, qu'il incarne l'essence de la philosophie et de l'esthétique zen. Nul autre jardin de pierres ne saurait se mesurer à ses célèbres arrangements de rochers.

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Comme à l'ordinaire, le visage de Keiko était éclatant de jeunesse : "Pourtant, ce ne sont que des pierres ? Peut-être y voyez-vous de la puissance, ainsi qu'une certaine beauté dans cette mousse qui les recouvre, mais les pierres sont des pierres ..."
Keiko repris : "Je me souviens d'un haïkaï de Yamaguchi Seishi où il était question de regarder la mer du matin au soir, jour après jour, puis de retourner à Kyôto et de comprendre enfin la signification d'un jardin de pierres."

Yasunari KAWABATA
"Tristesse et beauté"

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Mille mercis à Pascale de m'avoir offert ces superbes photos prises à Kyôto en avril 2008 ... seule la première a été faite chez moi, loin, cette année encore, des sakura de Kyôto ... mais je suis persévérante et ne désespère pas de participer à l'Ohanami 2010 ....

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20 mars 2009

Au milieu de Kyoto, coule une rivière ... la Rivière aux Canards (Kamo-Gawa) ...

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Le pont, Keihan Shijo, relie le centre commercial de Kyoto au quartier de Gion, le Kyoto traditionnel ...

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Les berges de la Rivière aux Canards sont un lieu de promenade et de détente pour les habitants de Kyoto qui viennent y chercher une précieuse fraîcheur en ces chaudes journées d'été ...

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Un pêcheur, au milieu du courant ...

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il a de la concurrence, point de canards le long de cette rivière, mais des échassiers qui viennent se régaler des poissons pris au piège des flots ...

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Sous Kyoto, coule une rivière ...

La ville de Kyoto est bâtie sur une nappe phréatique aux capacités gigantesques : l'eau y a une importance majeure.
Elément fondateur de la ville dont elle assura sans doute la prospérité, l'eau y est partout présente.
Cette immense rivière souterraine inspira, paraît-il, l'architecture des maisons et le nom des rues.
Elle donne encore aux kimonos leur couleur éclatante et l'étonnante saveur des sucreries.
Malheureusement, l'urbanisation a fait progressivement disparaître les puits et affecte le cycle de l'eau dont le niveau baisse.
Conscients que cette eau pure est "un cadeau des dieux", les habitants, qui restent très attachés à leur eau, mettent tout en oeuvre pour préserver à tout prix cette essence spirituelle de Kyoto.
Certains ont encore un puits dans leur boutique ou leur maison dont l'eau pure est utilisée par le maître de thé ou le maître de tofu ...

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L'eau imprègne la ville et coule dans ses esprits, comme ici au Kyomizu-Dera où nombreux sont les japonais qui viennent boire l'eau sacrée ...

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16 mars 2009

Pays de Neige de Yasunari Kawabata ...

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Note de l'éditeur :

A trois reprises, Shimamura se retire dans une petite station thermale, au coeur des montagnes, pour y vivre un amour fou en même temps qu'une purification.

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Chaque image a un sens, l'empire des signes se révèle à la fois net et suggéré. Le spectacle des bois d'érable à l'approche de l'automne désigne à l'homme sa propre fragilité.
"Le rideau des montagnes, à l'arrière plan, déployait déjà les riches teintes de l'automne sous le soleil couchant, ses rousseurs et ses rouilles, devant lesquelles, pour Shimamura, cette unique touche d'un vert timide, paradoxalement, prenait la teinte de la mort."

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Yansunari Kawabata, un des plus grands écrivains japonais contemporains, a obtenu le prix Nobel de littérature en 1968.

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Le signe propre du printemps dans le Pays de Neige

"C'est dans la neige que le fil est filé, et dans la neige qu'il est tissé. Toute la fabrication commence et finit dans la neige. "La toile de Chijimi n'existe que parce que la neige existe : la neige, on peut le dire, est la mère du Chijimi", comme l'a écrit quelqu'un il y a très longtemps.

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Les mains des femmes, dans ce Pays de Neige, ne travaillent tout au long des mois lourdement enneigés de l'hiver, qu'à filer, tisser, transformer en étoffe légère le chanvre récolté dans les champs pentus de la montagne. Et Shimamura, qui savait apprécier cette étoffe, allait chercher dans les vieilles boutiques de Tokyo les pièces de ce tissu devenu rare, pour en faire confectionner ses kimonos d'été. Ses relations dans le monde de la danse lui avaient permis de découvrir une certaine boutique qui avait la spécialité des costumes anciens du théâtre Nô, et il avait convenu avec le propriétaire qu'il serait, lui, Shimamura, prévenu le premier, chaque fois qu'une pièce de véritable Chijimi lui viendrait entre les mains.

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On raconte qu'aux temps jadis, aux foires de Chijimi, qui se faisaient après la fonte des neiges, au printemps, quand on avait dans le pays enlevé les doubles fenêtres de l'hiver, les gens arrivaient de partout pour acheter cette toile fameuse, même les riches marchands de cités aussi importantes qu'Edo, Nagoya ou Osaka, qui avaient leurs places retenues dans les auberges par tradition.

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La jeunesse de tout le pays, bien entendu, descendait des hautes vallées avec le produit de ses six derniers mois de travail ; et c'était dans une atmosphère de fête que s'alignaient, avec tous les étalages des vendeurs, des éventails de toutes sortes, des forains, des spectacles, devant lesquels les jeunes gens et jeunes filles en foule se coudoyaient. Les tissus exposés portaient une étiquette de papier donnant le nom et l'adresse de celle qui les avait faits, car il y avait un concours pour récompenser le travail le plus fin. C'était aussi l'occasion de rechercher un bon parti. Les jeunes filles, apprenant à tisser dès l'enfance, accomplissaient leurs chefs-d'oeuvre entre quatorze et vingt-quatre ans.


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Par la suite, l'agilité du geste, qui faisait tout le prix de la toile de Chijimi, n'avait plus la même qualité chez elles. Aussi l'émulation était-elle vive entre ces filles, qui oeuvraient avec autant d'ardeur que d'amour pendant les mois que la neige les tenait prisonnières, c'est-à-dire depuis le dixième mois, où l'on commençait le filage, jusqu'à la deuxième lune, avec laquelle devait être achevé le blanchiment sur les champs, les prés et les jardins encore couverts de neige.

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Certains des kimonos de Shimamura étaient faits de l'étoffe tissée par ces mains féminines, probablement vers le milieu du siècle passé, et il avait lui-même conservé l'habitude de les envoyer "blanchir à la neige". Bien que ce ne fût pas une mince affaire pour ces vêtures anciennes, que tant de peaux avaient portées déjà, il lui suffisait de songer au travail des jeunes filles de la montagne pour ressentir l'absolue nécessité de les faire néanmoins blanchir, comme le voulait la vraie tradition, dans le Pays de Neige, où la toile était née et où avaient vécu les virginales tisserandes. A la seule pensée de ce chanvre blanc, étendu sur la neige et se confondant avec elle pour rosir sous la lumière du soleil levant, Shimamura éprouvait si fort le sentiment d'une purification, que non seulement il était sûr que ses kimonos avaient laissé à-bas les miasmes et les macules de l'été, mais lui-même, lui semblait-t-il, s'en trouvait nettoyé. Il n'y avait peut être là, pour tout dire, qu'un sentimentalisme mal fondé de sa part, étant donné qu'une blanchisserie spécialisée de Tokyo se chargeait de tout au départ, et qu'il n'était pas certain du tout que les kimonos fussent réellement blanchis "à la neige", à la vieille manière.

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Ce blanchissage "à la neige", depuis des âges et des âges déjà, était assuré par des spécialistes : les tisserands eux-mêmes ne s'en occupaient pas. On blanchissait à la fin du tissage le Chijimi blanc, par pièces entières, tandis que la toile avec des couleurs était traitée sur le cadre même, au fur et à mesure, en cours de fabrication. La meilleure saison pour ce faire tombait aux mois de la première et de la deuxième lune. Prés et jardins, à cette époque très enneigés, se transformaient partout en ateliers de blanchiment.

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On commençait par tremper le fil ou l'étoffe, toute une nuit, dans une eau de cendre. Lavé à grande eau le matin, bien essoré, on l'exposait alors tout le jour sur la neige, recommençant de même jour après jour. A la fin de l'opération, Shimamura l'avait lu récemment, quand la toile atteignait à la blancheur immaculée et recevait la caresse du soleil rouge du matin, le spectacle dépassait toute description. "Les habitants des provinces méridionales, ajoutait le vieil auteur, devraient tous aller le voir." Et lorsque la blancheur arrivait à perfection, le printemps arrivait aussi : c'était le signe propre du printemps dans le Pays de Neige."

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Une lecture singulière qui dessine un monde étranger, une poésie japonaise d'une grande complexité et d'une apparence pourtant simple, limpide. Se plonger dans le Pays de Neige, c'est passer un magnifique moment à se laisser emporter par la prose de Kawabata ...

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12 mars 2009

Nagasaki ... du pont aux lunettes (Megane-bashi) au temple Kofukuji ...

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La Nakashima-gawa est une rivière pittoresque enjambée de nombreux ponts, le long de la Teramachi dori, la rue des temples.


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"L'été approchant, les jours rallongeaient petit à petit. Nous repoussions le moment de rentrer à la maison après l'école en faisant de longs détours jusqu'à ce que la nuit commence à tomber. Une fraîche odeur de jeune verdure flottait dans l'air. Nous aimions remonter la rivière par la berge, en partant du temple où nous nous donnions toujours rendez-vous. Le lit était à sec par endroits, laissant se propager des herbes sauvages. Des petits poissons dans les flaques faisaient des bonds à la surface de l'eau. Les crapauds se mettaient à coasser dans le crépuscule. Nous nous embrassions furtivement lorsqu'il n'y avait personne alentour. Rien ne nous plaisait tant que d'échanger des baisers à la dérobée. C'était comme si nous nous donnions le luxe de ne croquer que la meilleure part des fruits que le monde nous offrait."

Kyoichi Katayama
"Un cri d'amour au centre du monde"


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Le fameux Megane-bashi (pont aux lunettes) est le plus ancien des ponts de Nagasaki - et le plus célèbre - qui enjambe la Nakashima-gawa. Fondé par un moine zen du Kokufuji en 1634, il est appelé ainsi car le reflet de ses deux arches forme deux cercles ressemblant à des lunettes.


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Le Kofukuji est un des plus anciens temples bouddhistes zen de Nagasaki d'influence chinoise. Baptisé également temple de Nankin, il fut fondé en 1623 par un moine chinois. Tout comme le Megane-bashi, le Kofukuji n'a pas été touché par la bombe atomique qui détruisit une partie de la ville.


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Comme dans tous les temples et sanctuaires on retrouve les ema (plaquettes votives) et les omikuyi déposés par les fidèles.
Les omikuyi sont des bandes de papier qui dévoilent un oracle de bonne ou de mauvaise fortune. Si il est bon, l'omikuyi devient un talisman à conserver. Si il est fâcheux, la bandelette doit être fixée sur un arbre ou un support afin que les kami (dieux shinto) conjurent la prédiction.


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"Rien qui ne m'appartienne
sinon la paix du coeur
et la fraîcheur de l'air"


Haïku de Kobayashi Issa
(Anthologie du poème court japonais - Poésie/Gallimard)


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Posté par asiemutee à 21:40 - Nagasaki - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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