samedi 05 décembre
Le jardin zen ...
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Le kogen-ji et son jardin zen ...
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L'adorable Kogen-ji est un temple secondaire du Tenryu-ji d'Arashiyama.
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dimanche 15 novembre
Le bonsaido ... l'art des bonsaï ...
En Chine, dès la dynastie Han (206 avant JC à 220 après) on cultive des arbres en pots - pen jing, littéralement pot et jolie vue - dans un but esthétique.
Ce n'est qu'au VIème siècle que des moines bouddhistes emportent au Japon le pen jing dans leurs bagages, soulignant sa haute valeur symboliques. Il devient bonsaï - plateau-plante en japonais - et connaît de nouveaux raffinements qui font de lui le produit d'un art majeur, le bonsaido, l'art des bonsaïs.
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La technique du bonsaido, qui consiste à faire pousser une plante dans peu de terre et à en brider encore la croissance en taillant et ligaturant branches et racines ainsi qu'en la transplantant à plusieurs reprises, est une véritable discipline, comme la calligraphie, l'ikebana ou la cérémonie du thé, et elle requiert conscience et maîtrise de soi.
Ordinairement, la hauteur d'un bonsaï peut varier de cinq centimètres à un mètre, et il est cultivé dans un récipient, pot ou plat, dont la forme et la taille correspondent à ses dimensions et à sa ramure. La couleur même de ce récipient a son importance, pouvant donner à la plante un air plus ou moins ancien et plus ou moins vivace. La forme du bonsaï est très variable : le tronc peut être droit, penché, tordu, fourchu et la ramure peut s'étendre de manière plus ou moins asymétrique, en cascade, en chute d'eau, etc.
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L'homme du vase est plus humain que celui des ciseaux ; en témoignent son souci de l'eau et du soleil, ses combats contre les parasites, son horreur du gel, son angoisse quand les bourgeons sont en retard.
Okakura Kakuzô
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Photos prises au jardin botanique de Kyoto
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Parallèlement à la culture en pot, les jardiniers japonais ont aussi créé l'équivalent avec des arbres en pleine terre, des bonsaïs grandeur nature si l'on veut.
La connaissance de chaque plante et le respect de ses particularités dans la plus stricte observance sont essentiels à leur réussite ; c'est l'arbre qui pousse, fournit la matière, réagit, accepte ou refuse, s'épanouit ou souffre. Il s'agit bien d'un véritable dialogue où chacun donne du sien dans une relation qui se prolonge bien au-delà d'une vie humaine.
Mais les éléments, le vent notamment, redessinent les arbres sans l'intervention du jardinier.
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La pierre attachée à une corde est un contrepoids traditionnel qui sert à infléchir la branche de pin pour en façonner la forme.
Photos prises au Myoshin-ji à Kyoto
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La mort du jardinier n'est rien qui lèse un arbre, mais si tu menaces l'arbre, alors meurt deux fois le jardinier.
Antoine de Saint Exupery
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mardi 10 novembre
L'art de la feuille ...
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Mince et légère, la feuille forme la base d'un jardin.
Elle contribue au bon fonctionnement du monde. Rien de moins.
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Pour faire un jardin, on plante. Une fois la végétation épanouie, le feuillage s'impose. L'herbe fait pelouse, les buis encadrent, les charmilles abritent, les tilleuls bordent l'allée, la haie isole.
Le jardinier joue avec sa palette, le vert sombre des ifs et des houx, les reflets argentés des oliviers, les flammes des érables en automne.
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D'une main sûre, portant le sarrau de toile et le couvre-chef traditionnels, un jardinier vient redessiner les lignes sablonneuses au rateau de bois. Il aperçoit quelques dizaines de feuilles mortes amenées par le vent d'automne, les regarde, hésite, en ramasse quelques unes, laisse les autres et contemple.
Satisfait, il continue son peignage : complicité entre le hasard d'une chute et l'artiste qui a choisi de consentir.
Les japonais ont inventé l'art de la feuille tombée ...
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Photos prises au temples Myoshin-ji, Ninna-ji et Tenryu-ji en octobre 2009
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Texte de Jean-Claude PECHERE "Le soleil et l'ombre"
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mardi 03 novembre
Le Prieur du Shoren-in ...
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A l'écart du monde, le temple vivait de la vie habituelle aux temples Zen. Lever, au plus tard, tous les matins, à cinq heures (c'était l'été). On l'appelle "ouverture de la règle". Après le lever, récitation des sutras, occupation matinale : on les récite trois fois, d'où le nom de "triple service". Après le petit déjeuner, désherbage, nettoyage du jardin, corvée de petit bois, etc., ce qu'on appelle "les tâches". Après quoi, en période scolaire, venait l'heure d'aller en classe. Tôt après notre retour, c'était "la médication" ou repas du soir. Puis, quelquefois, il arrivait au Prieur de nous lire les livres sacrés. A neuf heures, "ouverture de l'oreiller", c'est à dire : coucher.
Telle était la routine quotidienne. La clochette agitée chaque matin, tout au long des corridors, par le bonze chargé de la nourriture, donnait le signal du réveil.
Il devait y avoir à l'origine une douzaine de personnes attachées au temple. Mais le nombre des mobilisés et des requis pour le travail obligatoire avait ramené ce chiffre - si l'on excepte le portier-guide, qui avait dans les soixante-dix ans, et la cuisinière, qui en avait près de soixante - à cinq personnes : l'intendant, le sous-intendant et trois novices. Les vieux, déjà couverts de mousse, avaient un pied dans la tombe ; nous autres jeunes n'étions en somme que des enfants.
Yukio Mishima
Le Pavillon d'Or
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vendredi 30 octobre
Les lotus d'Hideki Kimura au Shoren-in ...
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Sur mon bureau solitaire
la libellule
consent à se poser
Taneda Santôka
Il y avait bien trop de monde ce jour-là pour contempler en toute zenitude, du pavillon Kachoden, un des magnifiques jardins du temple Shoren-in ...
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En effet, ce n'est pas un cliché, Kyoto est très prisée des visiteurs en automne, ce qui n'était pas le cas lors de mes trois précédents séjours au mois de juillet ... mais c'est vrai que le climat y est bien plus agréable !
Alors, à défaut de jardin, j'ai pu contempler ces étonnants et magnifiques panneaux d'une des pièces du Kachoden décorés par Hideki Kimura, un peintre contemporain japonais né à Kyoto en 1948.
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Furu ike ya
kawazu tobikomu
mizu no oto
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Un vieil étang
une grenouille plonge
le bruit de l'eau
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Matsuo Bashô
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Bien sûr, je vous montrerai d'autres parties du temple, ses magnifiques jardins, son bois de bambous ... et tout plein de choses encore ... mais comme vous le savez, je rentre à peine de voyage, aussi, je vais y aller pianissimo ...
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vendredi 07 août
Nagasaki ... mon amour ...
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"Supposons que cela soit la toute dernière photo.
Il est presque trois heures de l'après-midi et Yamahata va quitter Nagasaki. Un train doit partir de la gare de Michino-o pour évacuer un premier convoi de blessés vers les hôpitaux militaires de la région. Par ce même train - le seul - Yamahata rejoindra son unité de Hakata. Alors, le bout de pellicule qui reste dans le chargeur de son Leica, il se décide enfin à l'employer. Il s'approche d'un tout petit groupe de victimes auxquelles un médecin et quelques infirmières prodiguent les premiers soins.
Une mère allaite son enfant : une très jeune femme dans la splendeur de sa toute récente maternité, le torse blanc brillant entre les pans écartés de sa robe, un sein découvert auquel tête la bouche du bébé. Tous deux semblent n'avoir été que légèrement touchés : sur la joue droite de la femme, sur son magnifique visage, s'ouvre simplement la fleur rouge d'une entaille et si l'enfant semble avoir été plus sévèrement blessé au crâne, sa peau ne porte que les traces de brûlures superficielles ; il boit, avec tant d'énergie concentrée, qu'on le dirait obstinément attaché à la vie, protégé comme sa mère au coeur même du cataclysme, épargné, reconstituant avec application les forces nécessaires à une seconde existence recommençant parmi les ruines.
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Yosuke Yamahata fut le premier à photographier les victimes et les ruines de Nagasaki
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Yamahata connaît son métier. Il sait qu'il ne doit pas laisser passer la chance d'une telle photographie. L'image est toute faite. Il lui reste juste à la prendre. Elle dit tout. Elle est la seule image recevable du désastre. De fait, elle restera la plus célèbre. L'air mélancolique, presque égaré de la jeune femme, le regard dans le vide, exprime un chagrin sans limites, immense au point d'envelopper en lui une détresse aux dimensions de l'univers. Mais le geste immémorial du sein qu'elle donne, l'abandon confiant de l'enfant dans ses bras, l'incompréhensible impression de force qui se dégage des deux corps tendrement serrés l'un contre l'autre, leur intègre et singulière beauté disent plus fort encore le désir entêté de survivre."
Philippe FOREST - Sarinagara
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Le quartier de Teramachi a été épargné par l'épouvantable fureur humaine qui s'abattit, le 9 août 1945, sur la ville de Nagasaki.
C'est là que se trouve le Sofuku-ji, un des quatre temples chinois de la ville, édifié en 1629 pour l'importante population chinoise qui vivait alors à Nagasaki.
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samedi 11 juillet
Kyoto ... le jardin du Honen-in ...
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La suite dans mon ancien blog "Asiemutée" en cliquant ICI ...
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mardi 07 avril
Les 24 temples du Daitoku-ji à Kyoto ... où il est question du Maître de Thé, Sen No Rikyû ...
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"J'ai pu louer - un coup de chance - un bâtiment dans l'immense enceinte du temple bouddhique du Daitoku-ji.
Littéralement traduite, notre adresse donne "Pavillon de l'Auspicieux Nuage, temple de la Grande Vertu, quartier de la Prairie Pourpre, secteur nord, Kyoto."
Ce n'est malheureusement pas ma future adresse à Kyôto, mais celle où Nicolas Bouvier résida, ainsi qu'il le raconte dans "Chronique japonaise".
Situé dans la partie nord de la ville de Kyoto, le Daitoku-ji, ensemble de temples zen, ne compte pas moins de 24 temples secondaires. Tous ne se visitent pas, mais on peut flâner le long des allées pavées et bordées d'immenses pins. Une balade zen, si on excepte, en été, le chant des assourdissant des cigales ... les provençales (les cigales, bien sûr ...) sont aphones comparées aux japonaises !!
Je ne manque pas, à chaque séjour à Kyoto, de consacrer au moins une demi-journée au Daitoku-ji, qu'il fasse beau ou qu'il pleuve, je ne résiste pas au charme des lieux.
Dès que l'on pénètre dans l'enceinte, il y a un petit abri où du thé chaud attend en permanence le visiteur.
Caché dans un jardin de thé, derrière un des temples, se trouve également un restaurant traditionnel où l'on peut déguster une délicieuse cuisine végétarienne.
Le Ryogen-in, fondé en 1502 et entouré de quatre jardins différents (dont j'ai déjà parlé ICI)
Le Daisen-in, un des temples secondaires du Daitoku-ji les plus célèbres. Il était malheureusement interdit de prendre des photos des peintures et des magnifiques jardins intérieurs. Disons que j'ai un peu bravé l'interdiction ...
Le Koto-in et son roji (jardin de thé), le temple le plus visité à l'automne pour ses bosquets d'érables
L'histoire du Daitoku-ji est liée de très près à celle de Sen No Rikyû - Le Maître de Thé - qui y suivit notamment ses entrainements zen, et y est enterré après s'être suicidé pour une sombre histoire qui a certainement un lien avec le Daitoku-ji.
Au cours du XVIème siècle, la cérémonie de thé se transforme en un art sophistiqué accompli par des Maîtres de Thé dont Sen No Rikyû.
Refusant l'ostentation pour chercher le raffinement dans la simplicité, Rikyû devient le plus grand maître de la cérémonie du thé.
Les goûts du gouverneur militaire Toyotomi Hideyoshi étant tout à fait ostentatoires, Rikyû perd sa faveur et doit de suicider par seppuku en 1591.
Les véritables raisons demeurent inconnues.
Certains pensent qu'il avait fait partie d'un complot visant à empoisonner Hideyoshi pendant une cérémonie de thé ; d'autres estiment qu'il avait blessé son orgueil en installant sa propre statue au sommet de la porte (San mon) du temple de Daitoku - il était impensable pour un gouverneur de passer au-dessous de l'effigie d'un vassal.
Autre explication plus plausible : le gouverneur s'intéressait à la fille de Rikyû et voulut l'intégrer à son harem, s'exposant au refus du Maître de Thé ... il semblerait que l'enquête ne soit pas close ...
Pour parler un peu de la cérémonie de thé, Rikyû fut le pionnier dans l'utilisation des bols à thé Raku et avait une préférence pour les objets sobres (wabi) et rustiques du Japon, plutôt que les objets chinois très chers qui étaient à la mode à cette époque. Il a aussi développé e nombreux instruments pour la cérémonie du thé, incluant des vases à fleurs, des boules à thé et des reposes couvercles en bambou, et utilisa aussi des objets de tous les jours, souvent de nouvelle façon.
Bien qu'il ne fut pas l'inventeur de la philosophie de wabi-sabi, qui trouve la beauté dans la simplicité, Rikyû est parmi eux qui sont principalement responsables pour l'avoir popularisé et incorporé à la cérémonie du thé.
Selon Rikyû, il y a quatre qualités fondamentales qui doivent être illustrées dans une cérémonie de thé :
- harmonie,
- respect,
- pureté,
- tranquillité
Rikyû enseignait de nombreuses choses à propos de la cérémonie du thé. Deux de ses paroles les plus connues sont :
"Bien que de nombreuses personnes boivent du thé,
Si tu ne connais pas la voie du thé,
C'est le thé qui te boira."
"La voie du thé n'est rien que cela : tout d'abord tu fais bouillir de l'eau, ensuite tu fais le thé, et tu le bois."
Le sens de l'esthétisme de Rikyû influença aussi le design. Il popularisa l'utilisation de petites lanternes en pierre comme ornement de jardin.
Je vous recommande l'excellent roman de Yasushi Inoué "Le Maître de Thé"
Note des traducteurs
"La Voie du Thé n'avait à l'origine qu'un but : déguster le plus délicieux thé possible. Peu à peu, elle s'éloigne de la simple gourmandise et s'oriente vers la recherche d'une manière de préparer et servir le thé : un rituel dont, au XVè siècle, les formes sont définitivement fixées par les Maîtres Jukô et Jyôô (Shôô dans le roman). Imprégnée d'esprit zen, la cérémonie s'organise selon les principes d'austérité et de dépouillement de cette religion.
C'est après cette période fondatrice que Rikyû (1522-1591) entre en scène : il s'efforce d'appliquer ce style "simple et sain" non seulement à la préparation du thé mais à toutes les composantes de la cérémonie, c'est-à-dire à la salle, au décor, aux ustensiles (d'où les longues énumérations des noms dont les Maîtres baptisent leurs plus précieuses céramiques). Il tentera avec plus ou moins de bonheur (il vit en des temps de conflits terribles) de relier la Voie du Thé à celle des guerriers samouraï.
Les personnages de ce roman, y compris le narrateur, ont réellement existé, mais Honkakubô n'à laissé aucun cahier. Tous ses entretiens sont donc une invention de l'auteur."
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samedi 31 janvier
Le Pavillon d'Or ... un roman de Yukio Mishima
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A ceux et celles qui se sont inquiétés, je suis désolée pour mon silence ... je vais bien ... je dirais que j'étais simplement déconnectée ...
Mille mercis pour vos messages !
Dans les tout premiers jours de juillet 1950, le Japon consterné apprenait qu'un incendie criminel venait d'anéantir l'un des plus célèbres trésors nationaux, Le Pavillon d'Or (Kinkaku-ji) à Kyoto.
Le journal Asahi du 3 juillet 1950 relate l'incendie et l'arrestation du coupable : "un bonze novice de 21 ans, Hayashi Shôken, originaire de la préfecture de Fukui, étudiant de la section de chinois à l'université Otani. On l'a, précise le journal, rerouvé malade sur la colline Samonji, derrière le temple. A la clinique, il a confié avoir voulu disparaître avec le Pavillon d'Or ..."
Yukio Mishima relate l'histoire de ce jeune bonze et de sa passion pour le Pavillon d'Or et sa beauté qui le conduira à son anéantissement.
L'auteur est né à Tokyo en 1925. Son oeuvre littéraire est diverse et abondante : essais, théâtre, romans, nouvelles, récits de voyages ... Il a écrit aussi bien des romans populaires qui paraissent dans la presse à grand tirage que des oeuvres littéraires raffinées et a joué et mis en scène un film qui préfigure sa propre mort.
Il a obtenu les trois grands prix littéraires du Japon. En novembre 1970 il s'est donné la mort d'une façon spectaculaire, au cours d'un seppuku, au terme d'une tentative politique désespérée qui a frappé l'imagination du monde entier.
Mishima fut un grand admirateur de la tradition japonaise classique et des vertus des samouraïs. Dans ses oeuvres, il a souvent dénoncé les excès du modernisme et donné une description pessimiste de l'humanité.
Extrait
"Le Pavillon d'Or, que je revoyais après plusieurs mois, reposait sereinement dans la lumière de l'été finissant.
J'avais le crâne tout frais rasé de mon entrée en sacerdoce et j'éprouvais la sensation que l'air collait étroitement à ma tête - la périlleuse sensation que toutes les idées nichées dans ma cervelle entraient en contact avec les phénomènes extérieurs par cette seule et mince épaisseur de peau, hypersensible et si vulnérable !
Quand je levais la tête vers le Pavillon d'Or, ce n'est pas seulement par les yeux qu'il pénétrait en moi, mais aussi, semblait-il, par le crâne. De la même façon qu'en plein soleil ce crâne devenait brûlant, ou était instantanément rafraîchi par la brise du soir.
Pavillon d'Or ! Je suis enfin venu près de toi ! murmurais-je en moi-même, m'interrompant de balayer l'allée. Je ne dis pas tout de suite, mais un jour, fais-moi un signe d'amitié, je t'en prie ; révèle-moi ton secret. Ta beauté, il ne tient qu'à un seul fil qu'elle ne m'apparaisse, je le sens, et pourtant elle m'échappe encore.
Plus que celui dont je garde en moi l'image, c'est le vrai Pavillon d'Or que je te prie de me laisser découvrir dans toute sa beauté. S'il est vrai que sur terre rien ne peut t'être comparé, dis-moi pourquoi tu es si beau, pourquoi tu ne peux faire autrement que de l'être."
Reconstruit à l'identique (l'original datait de 1398), le Pavillon d'Or, le Kinkaku-ji, se reflète à nouveau dans les eaux calmes de sa pièce d'eau, plus doré et plus clinquant que l'ancien, en attendant la patine du temps ...

















Photos prises au Kinkaku-ji lors de mon premier voyage au Japon, un jour de pluie, en juillet 2006
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