31 décembre 2009
Akemashite omedetô ... bonne année !!
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C'était le vingt-neuf décembre. Oki se rendait à Kyôtô pour y entendre les cloches de fin d'année.
Depuis combien d'années, la veille du jour de l'An, Oki avait-il pris l'habitude d'écouter, retransmis par la radio, le carillon des cloches annonçant le passage d'une année à l'autre ? Depuis quand cette émission existait-elle ? Oki, probablement, n'avait jamais manqué de l'écouter, ainsi que les commentaires des speakers qui présentaient, les unes après les autres, les célèbres cloches des vieux monastères disséminés à travers le pays. Comme l'année révolue allait céder sa place à la nouvelle année, les présentateurs étaient enclins dans leurs commentaires à prononcer de belles phrases sur un ton de déclamation. Marquant de longs temps d'arrêts, la vieille cloche d'un monastère bouddhique sonnait, et l'écho qu'elle laissait derrière elle faisait songer au temps qui s'écoule et incarne l'âme du vieux Japon. Aux cloches des monastères situés dans le nord du pays succédaient les cloches du Kyûshû, mais chaque veille du jour de l'An s'achevait avec les cloches des monastères de Kyôtô. Les monastères étaient si nombreux à Kyôtô que la radio diffusait parfois les sons mêlés de cloches innombrables.
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Au même moment, sa femme et sa fille confectionnaient dans la cuisine divers mets pour fêter le Nouvel An, mettaient un peu d'ordre dans la maison, préparaient leurs kimonos ou arrangeaient des fleurs et, tandis qu'elles vaquaient à leurs occupations, Oki s'asseyait dans le salon et écoutait la radio. Pendant que les cloches sonnaient, il jetait, non sans émotion, un regard en arrière sur l'année qui se terminait. Selon les années, l'émotion qu'il éprouvait se révélait violente ou douloureuse. Parfois, le regret et la tristesse le déchiraient. Mais le tintement des cloches trouvait toujours un écho dans son coeur, même lorsque la sentimentalité qu'il discernait dans les propos comme la voix des speakers le dégoûtait. Et c'est pourquoi l'idée de se rendre à Kyôtô un trente et un décembre, et non plus par l'intermédiaire de la radio, les cloches des vieux monastères le tentait depuis de longues années.
Yasunari KAWABATA
Tristesse et beauté
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Première traînée de brume
sur le kimono du jour de l'an
un ourlet de nuées
Nagai Kafû
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明けましておめでとうございます
Akemashite omedetô !!
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Tous mes voeux, que la nouvelle année vous apporte santé, amour, bonheur, sérénité ... enfin tout ce que vous désirez !!
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18 décembre 2009
Soie ...
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きぬ
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Quand il se réveilla, il vit autour de lui le village qui s'apprêtait à se remettre en route. Il n'y avait plus les tentes. La chaise à porteurs était encore là, ouverte. Les gens montaient dans les chariots, en silence. Il se leva, regarda longuement autour de lui, mais les yeux qui croisaient les siens avaient tous une forme orientale, et se baissaient aussitôt. Il vit des hommes armés, et des enfants qui ne pleuraient pas. Il vit les visages muets qu'ont les gens quand ils sont en fuite. Et il vit un arbre, au bord de la route. Et accroché à une branche, pendu, le garçon qui l'avait amené jusque-là.
Hervé Joncour s'approcha, et resta là un moment, à le regarder comme hypnotisé. Puis il dénoua la corde attachée à l'arbre, recueillit le corps du jeune garçon, l'étendit sur le sol et s'agenouilla près de lui. Il n'arrivait pas à détacher ses yeux de ce visage C'est ainsi qu'il ne vit pas le village se remettre en chemin mais entendit seulement, comme de très loin, le bruit de cette procession qui le frôlait, remontant la route. Il ne leva pas les yeux, même quand il entendit la vois d'Hara Kei, à deux pas de lui, qui disait :
- Le Japon est un très ancien pays, le saviez-vous ? Sa loi est très ancienne : elle dit qu'il existe douze crimes pour lesquels il est permis de condamner un homme à mort. Et l'un de ces crimes est d'accepter de porter un message d'amour pour sa maîtresse.
Hervé Joncour ne quitta pas des yeux le visage du jeune garçon tué.
- Il ne portait aucun message d'amour.
- C'est lui qui était un message d'amour.
Hervé Joncour sentit quelque chose appuyer contre sa nuque, et lui faire courber la tête vers le sol.
C'est un fusil, Français. Je vous demande de ne pas lever les yeux.
Hervé Joncour ne comprit pas tout de suite. Puis il entendit, dans le bruissement de cette procession en fuite, le son doré de mille clochettes minuscules qui se rapprochaient, petit à petit, et bien qu'il n'eût devant les yeux que cette terre noire, il l'imaginait, cette chaise à porteurs, oscillant comme un pendule, il la voyait presque remonter le chemin, mètre par mètre, se rapprocher, lente mais implacable, portée par ces sons qui deviennent de plus en plus forts, et de plus en plus proches, proches à le frôler, un vacarme doré, là, devant lui, exactement devant lui maintenant - à cet instant précis - devant lui.
Herve Joncour releva la tête.
Des étoffes merveilleuses, des tissus de soie, tout autour de la chaise à porteurs, mille couleurs, orange, blanc, ocre, argent, pas la moindre ouverture dans ce nid magnifique, juste le bruissement de ces couleurs ondoyant dans l'air, impénétrables, plus légères que rien.
Hervé Joncour n'entendit pas une explosion faucher sa vie. Il sentit le canon du fusil s'écarter, et la voix d'Hara Kei dire doucement :
- Allez-vous-en, Français. Et ne revenez plus jamais.
Alessandro BARICCO
SOIE
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Photos prises à Kyoto en octobre 2009
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Soies - collections du musée Guimet
Rouleaux tissés or, platine et soie
Scènes du Dit du Genji
Yamaguchi Itaro (début du 20ème siècle)
Trois femmes sous les érables rouges de Shunman Kubo
Chuken, costume du théâtre Nô
Fils d'or et soie (19ème siècle)
Paravent à décor de kimonos (vers 1650)
Robe Noh à motifs de narcisses et feuilles de murier
Fils de métal et soie (époque Edo)
Kimono de l'époque Edo (1603)
Robe Kaori en brocart de soie de l'époque Edo
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Passez de belles fêtes de Noël !!!!
Dewa mata ...
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15 décembre 2009
Maiko de Gion-Kobu ...
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Je n'avais pas besoin de savoir compter pour constater que j'étais devenue la plus populaire des maiko de Gion-Kobu. Il suffisait de regarder mon emploi du temps. J'avais des engagements pour un an et demi. Mon programme était si chargé que les clients devaient confirmer leur réservation un mois à l'avance. Pourtant je ménageais toujours un peu de temps en cas d'imprévu. Et quand, au cours de la journée, je voyais que j'avais une fenêtre dans mes horaires, j'en profitais pour accorder quelques minutes par-ci, par-là, et demandais à Kuniko de noter ces rendez-vous supplémentaires sur mon agenda.
Pendant les six ans où j'ai été maiko, de quinze à vingt et un ans, je n'ai pas eu un instant de libre. J'ai travaillé sept jours sur sept, d'un bout à l'autre de l'année. Sans prendre une seule journée de vacances.
J'étais la seule à l'okkiya Iwasaki à ne jamais m'accorder de repos, peut-être aussi la seule à Gion-Kobu, pour ce que j'en sais. Mais je ne me plaignais pas, c'était mieux que d'être au chômage.
Je ne savais pas ce que c'était de s'amuser. Quand il m'arrivait de me retrouver en compagnie de mes camarades dans des lieux publics, je trouvais cela épuisant.
Dès que je posais le pied en dehors de l'okiya, je me métamorphosais en "Mineko de Gion-Kobu", trainant dans mon sillage partout où j'allais une ribambelle d'admirateurs. Et il fallait que je me montre à la hauteur de mon rôle. Si quelqu'un souhaitait faire une photo de moi, je prenais la pose. Si quelqu'un voulait un autographe, je ne refusais jamais.
Ce rôle, je le tenais si bien que j'avais l'impression que je n'étais plus rien d'autre qu'une maiko. Pourtant, je n'aimais rien mieux que de rester à la maison à méditer, à lire, à écouter de la musique. C'étaient là mes seuls moments de vraie détente.
Il
est difficile d'imaginer un monde où tous ceux qui vous entourent sont
en rivalité avec vous, vos amies, vos soeurs, jusqu'à votre mère.
Parfois, tout était confus et se heurtait dans mon cerveau. J'étais
incapable de distinguer mes amis de mes ennemis, je ne savais si je
devais croire ou non ce qu'on me racontait. Si bien qu'au bout d'un
certain temps, je finis par souffrir de troubles névrotiques : je ne
dormais plus ou très mal, j'avais des crises d'anxiété, du mal à parler.
Comme je craignais que mon état ne s'aggrave, j'ai pris la résolution de "m'exercer" à rire. Je m'achetai des piles de disques comiques japonais que je me passais tous les jours. Je m'efforçais d'inventer des tours malicieux pour mes ozashiki, de visualiser la salle de banquet comme un terrain de jeu.
Ce stratagème s'avéra efficace. Je me sentis vite mieux et, peu à peu, je fus de nouveau capable de me concentrer sur ce qui se passait autour de moi. On peut apprendre la danse ou toute autre forme d'art, mais animer un ozashiki ne s'enseigne pas. Ils sont tous différents, même au sein de la même ochaya. Dès que l'on entre dans la salle, on peut juger du niveau de revenus du client. Le tokonama est-il précieux ? La vaisselle est-elle en porcelaine ? Les plats proviennent-ils d'un traiteur huppé ? D'un seul coup d'oeil, une geiko expérimentée enregistre ces détails et adapte son approche. L'éducation artistique acquise auprès de mes parents me procurait dans ce domaine une bonne longueur d'avance sur les autres.
Ensuite, il faut divertir le client. Apprécie-t-il plutôt la danse, la conversation ou les jeux de société ? Une fois que l'on a appris à connaître un client, on sait d'avance à quoi il s'attend, ce qui rend la tâche plus aisée.
Les ochaya ne servent pas seulement aux loisirs. Ce sont des lieux où se conduisent les affaires économiques et politiques du pays. Un ozashiki fournit un cadre tranquille et agréable à des discussions sérieuses.
Dans certaines circonstances, la geiko est tenue de s'effacer, son professionnalisme lui dicte de se fondre dans le décor. Si besoin est, elle se poste à l'entrée de la salle pour avertir le client au cas où quelqu'un approcherait, ce qu'elle lui fait savoir par un signal convenu. Ou bien elle informe le nouvel arrivant que les clients ne désirent pas être dérangés.

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Extrait de Ma vie de geisha
de Minako IWASAKI
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Photos prises à Gion-Kobu en octobre 2009
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10 décembre 2009
Yasunari Kawabata et la procession des femmes du Jidaï matsuri ...
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La princesse impériale Kazu no Miya (période Edo 1600-1868)
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Pour présenter les costumes historiques de chaque époque, se succèdent des personnages historiques connus de tous;
Telles la princesse impériale Kazu no Miya et la religieuse Rengetsu. Telle Yodogimi. Telles Yoshino-Dayu la courtisane et Izumo no Okuni l'actrice. Telles encore Tokiwa Gozen, Yokobue et Tomoe Gozen ; Ono no Komachi, la poétesse ; puis Shizuka Gozen et Murasaki Shikibu ou Sei Shônagon ...
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Ohtagaki Rengetsu (période Edo)
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Izumo no Okuni (période Edo) dont j'ai déjà parlé (clic sur le lien)
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Yodogimi (Middle Ages 1180-1600)
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Lady Shizuka (Middle Ages)
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Tomoe Gozen (Période Heian 794-1185)
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Ono no Komachi (période Heian)
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Yokobue (période Heian)
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Murasaki Shikibu (période Heian)
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Puis viennent les paysannes de la vallée de Ohara, du village de Katsura.
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Femmes de Katsura
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Femmes d'Ohara
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Des courtisanes, des actrices, des marchandes apparaissent aussi dans les rangs des femmes que j'ai énumérées en premier, mais il est évident que figurent aussi des héros, tels Kusunoki Masashige, Oda Nobunaga, Toyotomi Hideyoshi, ainsi que des nobles de la cour impériale et des hommes d'armes en grand nombre.
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Kusunoki Masahige (période Yoshino 1333-1392)
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Oda Nobunage (période Azuchi Momoyama 1568-1600)
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Le cortège se déploie, telle une peinture sur rouleau où seraient évoquées les moeurs de la capitale, est assez long.
Les femmes y participèrent, dit-on, à partir de l'année 25 de Shôwa (1950) et donnèrent à la fête plus de séduction, plus d'éclat.
En tête, marchent un détachement des partisans de l'empereur de l'époque du bouleversement de Meiji et un autre composé des montagnards de Kitakuwada en Tamba, tandis que ferment la marche des dignitaires impériaux de l'époque Enryaku en costumes d'apparat.
Une fois que le cortège a regagné le sanctuaire du Heian Jingu, on prononce des prières shintoïstes devant le palanquin impérial.
Le cortège part du palais, et c'est de la place qui s'ouvre devant que la vue est la meilleure. Aussi Hideo avait-il donné rendez-vous à Naeko en cet endroit.
A l'ombre de la porte, Naeko attendait Hideo, mais tant de monde entrait et sortait que personne ne prêtait attention à elle ; sauf une femme entre deux âges, qui avait tout l'air de tenir quelque commerce et qui s'approcha d'elle, sans la moindre gêne : "Quelle belle ceinture mademoiselle ! Où l'avez-vous achetée ? Et comme ce kimono vous va bien ! ... Vous permettez ? dit-elle, palpant l'étoffe. Vous ne voudriez pas vous tournez, que je voie la fermeture ?"
Naeko se tourna.
"Oh là !" Que cette femme l'ait regardée, au fond, la calma. Jusqu'à présent, jamais elle n'avait porté un pareil kimono et une pareille ceinture.
"Vous m'avez attendu ?" Hideo arrivait.
Les places les plus proches du palais d'où allait sortir le cortège avaient été réservées par des agences de tourisme ou des associations. Hideo et Naeko restèrent debout au deuxième rang.
C'était la première fois que Naeko était aussi bien placée et elle regardait de tous ses yeux le cortège, oubliant Hideo, ses vêtements tout neufs.
Mais, soudain, oui, tout lui revint à l'esprit.
"Hideo, que regardez-vous ?
- Le vert des pins. Je regarde aussi le cortège, bien sûr. Mais ... sur le fond vert des pins, il se détache mieux. Vous voyez bien, ce sont des pins noirs qui peuplent l'immense jardin du palais. Je les aime tant ! Et du coin de l'oeil, je vous regarde, vous, mais vous ne vous en êtes pas aperçue ...
- Oh ! ça va !" Et Naeko se détourna.
Yasunari KAWABATA
Kyôtô
Mais aussi, j'ai pu reconnaître, difficilement, mais grâce à la brochure de la Fête Historique, d'autres femmes célèbres de Kyôto :
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Kaji (période Edo)
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Madame Fujiwara Tamete (Middle Ages)
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Kino Tsurayuki no Musume (période Heian)
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Wake no Hiromushi (période Heian)
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Kudara O Myoshin (période Heian)
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Que du beau monde ... enfin de belles dames ... !!!
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et pour finir avec des fleurs, les femmes de la rivière Shirakawa !
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07 décembre 2009
Fragment des Carnets du Japon de Nicolas Bouvier ...
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Le ciel
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n'est pas usurier
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mais je sais qu'il me demandera des comptes
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pour chacune des journées
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passées dans cette paix
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dans ces grands arbres
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dans cet espace
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luxe suprême
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du Japon
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Nicolas BOUVIER
Le vide et le plein
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29 novembre 2009
Etonnante de modernité ... la villa impériale Katsura ...
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Alors qu'au XVIIème siècle Edo se développait comme un nouveau centre du shogunat des Tokugawa (1615-1868) et construisait des édifices somptueux jusqu'à l'excès pour démontrer le pouvoir de la classe militaire, Kyoto continuait d'être le foyer de la culture traditionnelle, caractérisée par la sobriété et l'élégance de l'architecture. L'exemple par excellence de celle-ci, qui influença profondément les architectes occidentaux du XXème siècle, est la villa impériale de Katsura, appelée aussi Katsura Rikyu, qu'étudia notamment l'architecte allemand Bruno Taut (1880-1938).
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Le prince Hachijô Toshihito (1579-1629), lettré raffiné, en entreprit la construction en 1620, sur un terrain propriété des Fujiwara, et son fils Toshitada (1619-1662) l'agrandit en 1642.
La beauté de la villa impériale Katsura tient non seulement à sa simplicité dépouillée - dans son architecture comme dans sa décoration et ses coloris - mais aussi à son harmonieuse insertion dans le cadre naturel.
Les édifices (shoin) qui la composent sont élevés sur de hauts et fins pilotis de bois, ce qui leur confère davantage de légèreté et ils sont disposés "en formation d'oies en vol", leurs façades principales étant parallèles entre elles, comme dans le château de Nijo. Il n'y a ni frises extérieures ni sculptures, et la couleur sombre du bois, qui contraste avec le blanc des shoji (portes et fenêtres coulissantes), apporte à l'ensemble une touche supplémentaire d'élégance et de sobriété.
Le Japon de Rossella MENEGAZZO
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"Il règne un calme extraordinaire dans les pièces lorsque les portes-fenêtres tendues de papier sont fermées ; une fois ouvertes, le tableau du jardin fait soudain irruption." Bruno TAUT
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Bruno Taut a dit de cette propriété "A Katsura, les yeux pensent."
Il était impressionné par la simplicité de ses bâtiments, son apparent manque d'ornementation, ses proportions justes, sa parfait intégration dans le jardin qui lui sert d'écrin.
Outre la villa principale, le jardin abrite des pavillons de thé, situés à l'opposé de la villa.
La création de pavillons de thé indépendants de la maison d'habitation voit le jour à cette époque (17éme siècle) et influencera grandement l'architecture civile qui prendra le nom de sukiya "bâtiment de goût choisi".
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Fascinés par la rigueur géométrique de ses intérieurs, les architectes du Bauhaus et Le Corbusier y voyaient un manifeste de la modernité avant l'heure.
La forme et les dimensions des pièces japonaises pouvaient être souplement modifiées selon les besoins, en fermant ou ouvrant les fusuma (panneaux ou cloisons coulissants intérieurs), tandis que la lumière était filtrée et dirigée par l'ouverture des shôji (portes et fenêtres coulissantes tendues de papier translucide).
Comme nous passions devant une propriété qui devait être la villa de quelque riche famille, un son de koto, de shamisen et de kokyû nous parvint à travers d'épaisses frondaisons. Mon père s'attarda quelques instants devant le portail, l'oreille tendue, puis, poussé par quelque soudaine inspiration, se mit à longer le mur entourant cette vaste propriété, tandis que je lui emboîtais le pas. Les timbres des shamisen et des koto se faisaient plus distincts, on entendait maintenant un faible bruit de voix humaines, ce qui signifiait que nous approchions d'un jardin aménagé derrière la villa. A cet endroit le mur laissant place à une haie vive, mon père chercha un emplacement où celle-ci serait moins épaisse pour regarder au travers. Il restait là, je ne savais pourquoi, immobile, sans repartir, et je l'imitai en approchant à mon tour le visage d'un interstice entre les feuilles. C'était un grand jardin avec des pelouses et des collines artificielles où l'on avait creusé un bassin, au-dessus duquel s'avançait une véranda tapissée de nattes de paille, au plancher surélevé comme les anciens pavillons sur l'eau et entouré d'une balustrade ; cinq ou six personnes, hommes et femmes, y tenaient un banquet ; de nombreux plateaux à offrandes étaient disposés près de la balustrade, ainsi que du saké et de la lumière ; les épis de miscanthe et les branches de lespédèze dans les vases indiquaient que la soirée était consacrée à la contemplation de la lune. Une femme, assise à la place d'honneur, jouait du koto, tandis qu'une autre, les cheveux coiffés dans le style shimada, et qui semblait une dame de compagnie, tenait le shamisen. Il y avait en outre un homme, artiste aveugle ou maître de quelque discipline artistique, qui jouait du kokyû. De l'endroit d'où nous les observions, il était impossible de voir en détail ces personnages, mais sur le côté qui nous faisait face était dressé un paravent doré, devant lequel une autre jeune femme, elle aussi coiffée dans le style shimada, dansait, en agitant son éventail, de telle sorte que si nous ne distinguions pas les traits de son visage, nous suivions parfaitement tous ses mouvements. Soit que l'électricité n'y fût pas encore installée à cette époque, soit qu'on l'eût voulu ainsi pour ajouter à l'atmosphère du moment, la véranda était éclairée par des chandeliers dont les flammes ne cessaient de vaciller en se reflétant sur le bois poli des piliers et de la balustrade, ainsi que sur l'or du paravent. La lune éclairait fortement le bassin, au bord duquel était amarrée une barque : l'eau en devait être captée dans l'étang d'Ogura, et cette barque permettait sans doute de sortir directement dans celui-ci. Bientôt la danse s'acheva et les dames de compagnie apportèrent les flacons de saké et servirent les convives. Pour autant que nous pouvions en juger à leurs manières pleines de déférence, il apparaissait que la joueuse de koto était leur maîtresse, tandis que les autres membres du groupe étaient là pour lui tenir compagnie. La scène se déroulait il y a plus de quarante ans ; à cette époque, dans les vieilles maisons de Kyoto ou d'Osaka, les femmes de chambre étaient vêtues comme des servantes du palais, et outre les bonnes manières, leurs maîtres, s'ils se piquaient d'avoir du goût, leur faisaient également enseigner divers arts d'agrément.
Junichirô TANIZAKI
Le coupeur de roseaux
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26 novembre 2009
A l'origine du Jidaï Matsuri ... la Fête des Ages ...
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Les chroniques historiques japonaises indiquent que l'empereur Kammu, abandonna successivement les capitales de Nara et Nagaoka pour venir s'installer à Kyoto le 22 octobre 794.
Celui-ci était tourmenté par toutes sortes de problèmes, le non moindre étant la crainte de tout ses adversaires politiques, tant vivants que défunts.
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En déménageant à Kyoto, Kommu souhaitait repartir sur de nouvelles bases et surtout trouver le calme auquel il aspirait depuis de très longues années. Le nom qu'il donna à sa nouvelle capitale (Heian Kyo - la capitale de la Paix et de la Tranquillité) et sa décision de faire coïncider ce déménagement avec le début d'une époque nouvelle - Heian Jidaï - l'ère de la Paix et de la Tranquillité reflètent tout à fait ses préoccupations et ses espoirs.
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1894, Heian Kyo, appelée Kyoto (littéralement la ville capitale) depuis le 12ème siècle, n'est plus la ville capitale du pays.
Depuis la chute du gouvernement militaire des Tokugawa et la restitution du pouvoir à l'empereur, la ville d'Edo est devenue la nouvelle capitale du Japon sous le nom de Tokyo, la capitale de l'Est.
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En dépit de ce coup dur, les habitants de l'ancienne capitale décidèrent néanmoins de célébrer avec faste le 1100ème anniversaire de Kyoto.
L'association de la Paix et de la Tranquillité fut constituée dans le but de se charger de l'organisation des célébrations du 1100ème anniversaire. L'idée directrice du projet était de faire revivre la splendeur de la capitale à l'époque de l'empereur Kammu et d'honorer ce dernier.
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Depuis, chaque 22 octobre, l'association de la Paix et de la Tranquillité organise le Jidaï Matsuri, la Fête des Ages, appelée également Fête Historique.
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Plus de 2000 figurants revêtus des costumes des différentes époques défilent à travers la ville, depuis le Gosho, le parc impérial jusqu'au sanctuaire Heian Jingu. Cette procession anti-chronologique, des évènements les plus récents aux plus anciens, attire autant de spectateurs de les deux autres fameux matsuri de Kyoto : l'Aoi Matsuri et le Gion Matsuri.
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Je reviendrai plus en détail sur chacune des époques de l'ancienne capitale du Japon et sur certains de ses personnages importants ; vous imaginez sans aucun doute pas que j'ai pris énormément de photos ...
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21 novembre 2009
Le rendez-vous ...
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Deux ans après mes débuts de maiko, au cours d'un rituel appelé le mizuage, marquant le passage à une plus grande maturité, j'adoptai une coiffure différente et le ruban en soie rouge de mon chignon fut symboliquement coupé.
Quand je demandai à maman Masako si je devais suggérer à mes clients de contribuer aux frais de cette cérémonie, elle se contenta de rire en disant :
- Qu'est-ce que tu me chantes là ? Je t'ai élevée pour être une femme indépendante. Nous n'avons pas besoin d'aide. L'okiya prend tout en charge.
Maman Masako, comme je l'ai déjà dit, était très économe. Pour ma part, tout en me sentant peu compétente dans ce domaine, je tenais à ne pas être un poids pour elle.
- Que dois-je faire, alors ?
- Pas grand chose. Il faut d'abord que tu changes de coiffure. Puis on donnera une petite fête pour annoncer la bonne nouvelle et distribuer des cadeaux à la famille, dont ces bonbons qui t'ont fait rougir quand tu avais quatorze ans.
Elle parlait de ces minuscules gâteaux de riz, les ekubo, signifiant "fossette", ayant un petit creux sur le dessus avec un minuscule cercle rouge au centre qui leur donne une apparence de tétons.
La cérémonie se tint en octobre 1967. J'avais dis-sept ans. Nous avons fait une tournée dans le quartier avec nos petits présents sans omettre une seule de nos "relations" de Gion-Kobu.
Je laissais derrière moi le wareshinobu qui se porte au début de la formation pour arbore l'okufu, la coiffure de la maiko plus âgée. Ce changement dans mon apparence signalait à mes clients que j'approchais l'âge du mariage. Je commençais donc à recevoir des propositions. Les clients, qui étaient en général des hommes mariés, pensaient en moi pour leurs fils ou même parfois leurs petits-fils.
La geiko de Gion-Kobu est une épouse très prisée aux yeux des riches et des puissants de mon pays. Hôtesse accomplie, ravissante, elle figure une compagne idéale pour ceux qui se meuvent dans les hautes sphères de la diplomatie ou des affaires internationales. En outre, elle apporte dans son trousseau un carnet d'adresses bien rempli qui peut se révéler utile à un jeune homme au début de sa carrière.
Du point de vue de la maiko, il est agréable d'épouser un homme qui a autant de panache que ceux qu'elle rencontre dans les banquets chaque soir de la semaine. Très rares sont celles qui ont envie de quitter les lumières de la fête pour s'enfermer dans une existence petite-bourgeoise. Les quelques geiko que j'ai connues ayant fait des mariages d'amour ont toutes fini le coeur brisé et l'amertume aux lèvres.
Et qu'en est-il de celles qui sont les maîtresses de clients mariés ? Sur ce sujet, ce n'est pas un chapitre qu'il y aurait à écrire, mais un volume entier. Mettons que, sur son lit de mort, l'épouse d'un client convoque la geiko à son chevet pour la remercier en pleurant de prendre si bien soin de son mari. Elle meurt, la geiko se marie avec le veuf et tout finit comme dans un conte de fée.
Hélas, cela ne se passe presque jamais ainsi.
Je me rappelle un incident particulièrement troublant.
Deux geiko avaient une liaison avec le même homme, un richissime négociant en saké. Chacune de son côté effectua une visite plutôt indélicate à son épouse pour la supplier de divorcer. Toutes les trois firent une scène au pauvre homme, qui se suicida.
Je reçus plus de dix propositions sérieuses. Je les repoussai toutes. Je venais tout juste d'avoir dix-huit ans, et il n'était pas question que j'envisage le mariage. Pour commencer, je ne pouvais imaginer ma vie sans la danse.
Par la suite, je sortis avec plusieurs jeunes gens. Cependant, accoutumée aux manières raffinées et à la conversation pétillante de leurs pères, je les trouvais, par contraste, mornes et ennuyeux à mourir. Après le film et une tasse de thé, je n'avais plus qu'une idée en tête : rentrer chez moi.
Mineko IWASAKI
Ma vie de geisha
15 novembre 2009
Le bonsaido ... l'art des bonsaï ...
En Chine, dès la dynastie Han (206 avant JC à 220 après) on cultive des arbres en pots - pen jing, littéralement pot et jolie vue - dans un but esthétique.
Ce n'est qu'au VIème siècle que des moines bouddhistes emportent au Japon le pen jing dans leurs bagages, soulignant sa haute valeur symboliques. Il devient bonsaï - plateau-plante en japonais - et connaît de nouveaux raffinements qui font de lui le produit d'un art majeur, le bonsaido, l'art des bonsaïs.
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La technique du bonsaido, qui consiste à faire pousser une plante dans peu de terre et à en brider encore la croissance en taillant et ligaturant branches et racines ainsi qu'en la transplantant à plusieurs reprises, est une véritable discipline, comme la calligraphie, l'ikebana ou la cérémonie du thé, et elle requiert conscience et maîtrise de soi.
Ordinairement, la hauteur d'un bonsaï peut varier de cinq centimètres à un mètre, et il est cultivé dans un récipient, pot ou plat, dont la forme et la taille correspondent à ses dimensions et à sa ramure. La couleur même de ce récipient a son importance, pouvant donner à la plante un air plus ou moins ancien et plus ou moins vivace. La forme du bonsaï est très variable : le tronc peut être droit, penché, tordu, fourchu et la ramure peut s'étendre de manière plus ou moins asymétrique, en cascade, en chute d'eau, etc.
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L'homme du vase est plus humain que celui des ciseaux ; en témoignent son souci de l'eau et du soleil, ses combats contre les parasites, son horreur du gel, son angoisse quand les bourgeons sont en retard.
Okakura Kakuzô
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Photos prises au jardin botanique de Kyoto
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Parallèlement à la culture en pot, les jardiniers japonais ont aussi créé l'équivalent avec des arbres en pleine terre, des bonsaïs grandeur nature si l'on veut.
La connaissance de chaque plante et le respect de ses particularités dans la plus stricte observance sont essentiels à leur réussite ; c'est l'arbre qui pousse, fournit la matière, réagit, accepte ou refuse, s'épanouit ou souffre. Il s'agit bien d'un véritable dialogue où chacun donne du sien dans une relation qui se prolonge bien au-delà d'une vie humaine.
Mais les éléments, le vent notamment, redessinent les arbres sans l'intervention du jardinier.
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La pierre attachée à une corde est un contrepoids traditionnel qui sert à infléchir la branche de pin pour en façonner la forme.
Photos prises au Myoshin-ji à Kyoto
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La mort du jardinier n'est rien qui lèse un arbre, mais si tu menaces l'arbre, alors meurt deux fois le jardinier.
Antoine de Saint Exupery
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12 novembre 2009
Thé au Taizo-in ... l'éloge de l'ombre ...
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Si, dans la maison japonaise, l'auvent du toit avance si loin, cela est dû au climat, aux matériaux de construction et à divers autres facteurs sans doute. A défaut par exemple de briques, de verre et de ciment, il aura fallu, afin de protéger les parois contre les rafales de pluie latérales, projeter le toit en avant, si bien que le Japonais, qui eût certainement préféré lui aussi une pièce claire à une pièce obscure, a été de la sorte amené à faire de nécessité vertu. Mais ce que l'on appelle le beau n'est d'ordinaire qu'une sublimation des réalités de la vie, et c'est ainsi que nos ancêtres, contraints à demeurer bon gré mal gré dans des chambres obscures, découvrirent un jour le beau au sein de l'ombre, et bientôt ils en vinrent à se servir de l'ombre en vue d'obtenir des effets esthétiques.
En fait, la beauté d'une pièce d'habitation japonaise, produite uniquement par un jeu sur le degré d'opacité de l'ombre, se passe de tout accessoire. L'Occidental, en voyant cela, est frappé par ce dépouillement et croit n'avoir affaire qu'à des murs gris dépourvus de tout ornement, interprétation parfaitement légitime de son point de vue, mais qui prouve qu'il n'a point percé l'énigme de l'ombre.
Quant à nous, non contents de cela, à l'extérieur de ces pièces où les rayons du soleil ne pénètrent déjà que très difficilement, nous projetons un large auvent, nous établissons une véranda pour éloigner davantage encore la lumière solaire. Et dans l'intérieur de la pièce enfin, les shôji ne laissent entrer, de la lumière renvoyée par le jardin, qu'un reflet tamisé.
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Photos et matcha et wagashi pris au Taizo-in, un des temples secondaires du Myôshin-ji
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Texte extrait de "Eloge de l'Ombre" de Junichrô Tanizaki
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