12 novembre 2009
Thé au Taizo-in ... l'éloge de l'ombre ...
xx
xx
Si, dans la maison japonaise, l'auvent du toit avance si loin, cela est dû au climat, aux matériaux de construction et à divers autres facteurs sans doute. A défaut par exemple de briques, de verre et de ciment, il aura fallu, afin de protéger les parois contre les rafales de pluie latérales, projeter le toit en avant, si bien que le Japonais, qui eût certainement préféré lui aussi une pièce claire à une pièce obscure, a été de la sorte amené à faire de nécessité vertu. Mais ce que l'on appelle le beau n'est d'ordinaire qu'une sublimation des réalités de la vie, et c'est ainsi que nos ancêtres, contraints à demeurer bon gré mal gré dans des chambres obscures, découvrirent un jour le beau au sein de l'ombre, et bientôt ils en vinrent à se servir de l'ombre en vue d'obtenir des effets esthétiques.
En fait, la beauté d'une pièce d'habitation japonaise, produite uniquement par un jeu sur le degré d'opacité de l'ombre, se passe de tout accessoire. L'Occidental, en voyant cela, est frappé par ce dépouillement et croit n'avoir affaire qu'à des murs gris dépourvus de tout ornement, interprétation parfaitement légitime de son point de vue, mais qui prouve qu'il n'a point percé l'énigme de l'ombre.
Quant à nous, non contents de cela, à l'extérieur de ces pièces où les rayons du soleil ne pénètrent déjà que très difficilement, nous projetons un large auvent, nous établissons une véranda pour éloigner davantage encore la lumière solaire. Et dans l'intérieur de la pièce enfin, les shôji ne laissent entrer, de la lumière renvoyée par le jardin, qu'un reflet tamisé.
xxxx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
Photos et matcha et wagashi pris au Taizo-in, un des temples secondaires du Myôshin-ji
xx
Texte extrait de "Eloge de l'Ombre" de Junichrô Tanizaki
xx
xx
Merci de votre visite !
xx
10 novembre 2009
L'art de la feuille ...
xx
xx

xx
Mince et légère, la feuille forme la base d'un jardin.
Elle contribue au bon fonctionnement du monde. Rien de moins.
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
Pour faire un jardin, on plante. Une fois la végétation épanouie, le feuillage s'impose. L'herbe fait pelouse, les buis encadrent, les charmilles abritent, les tilleuls bordent l'allée, la haie isole.
Le jardinier joue avec sa palette, le vert sombre des ifs et des houx, les reflets argentés des oliviers, les flammes des érables en automne.
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
D'une main sûre, portant le sarrau de toile et le couvre-chef traditionnels, un jardinier vient redessiner les lignes sablonneuses au rateau de bois. Il aperçoit quelques dizaines de feuilles mortes amenées par le vent d'automne, les regarde, hésite, en ramasse quelques unes, laisse les autres et contemple.
Satisfait, il continue son peignage : complicité entre le hasard d'une chute et l'artiste qui a choisi de consentir.
Les japonais ont inventé l'art de la feuille tombée ...
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
Photos prises au temples Myoshin-ji, Ninna-ji et Tenryu-ji en octobre 2009
xx
Texte de Jean-Claude PECHERE "Le soleil et l'ombre"
xx
xx
xx
Merci de votre visite !
xx
xx
06 novembre 2009
Les jardins de la villa impériale Katsura ...
xx
xx
S'il fallait justifier mon quatrième séjour à Kyoto, je dirais qu'il était impensable de continuer à parler des jardins de Kyoto sur ce blog sans avoir vu au moins une fois les jardins de la villa Katsura !
xx
xx
Construite en 1620 par le prince impérial Hachijo no Miya Toshihito, la propriété fut ensuite agrandie par son fils Toshitada. Son jardin somptueux est célèbre pour la manière dont ses allées et ses pierres plates organisent le parcours du visiteur, lui permettant ainsi de savourer une succession de perspectives ingénieusement planifiées. Nombre des décors du jardin se réfèrent à des sites célèbres du Japon et à des lieux mentionnés dans les oeuvres classiques japonaises et chinoises.
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
Le grand étang, dont l'eau provient de la rivière Katsura, a été creusé pour accueillir de petits bateaux. Ces jardins sont l'oeuvre du grand paysagiste Kobori Enshu qui s'est inspiré d'une passage du "Dit du Genji". La tradition veut que Katsura soit le meilleur endroit de Kyoto pour admirer la pleine lune. Cela provient d'une légende chinoise selon laquelle un arbre de Judée (en japonais Katsura) serait planté sur la lune.
xx
xx
xx
xx
Jardin de prince ou jardin de moine
Les jardins japonais ont deux missions. La première ? Distraire les princes et les empereurs qui, au fil des siècles, eurent de moins en moins de pouvoir, les shoguns s'emparant avec poigne des affaires tant politiques que militaires. L'aristocratie, frustrée, se mit à déployer un art de préciosité, que l'on retrouve dans les jardins comme dans le rituel de la cérémonie du thé ... où la porte d'entrée des pavillons est petite et basse, pour obliger notamment les militaires à se baisser (humilité) et à déposer les armes. Les jardins princiers, souvent caprices de nobles comme la villa Katsura, sont de contemplation et de promenade. Ils distillent des perspectives inattendues au gré de la déambulation. Leurs créateurs ont eu l'idée d'étendre les perspectives aux collines environnantes car sur cette terre volcanique, le terrain cultivable se fait rare. Ainsi, certains espaces, plutôt menus, ne se laissent pas deviner au premier abord.
La Libre Essentielle
Jardins japonais
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
A la saison d'automne, il avait fait faire une lande de toute la surface du jardin devant le passage couvert de l'ouest, le long de la face orientale du mur intérieur. Les aménagements que nécessitait la voie choisie par la Princesse, tablettes à offrandes et autres, étaient du plus haut goût. De celles qui avaient souhaité devenir ses disciples, nonnes, nourrices ou vieilles suivantes, ce qui allait de soi, mais certaines aussi dans la fleur de l'âge, elle avait choisi celles-là seulement dont la ferme résolution permettait de croire qu'elles persisteraient dans cette voie. Dans l'enthousiasme de l'heure, chacune voulait en être et elles se disputaient le pas, mais quand Monseigneur le sut :
- Cela ne se peut, dit-il. Si des personnes sans conviction sincère, même en petit nombre, s'y trouvaient mêlées, elles seraient une gêne pour leurs compagnes et leur vaudraient un renom de légèreté.
Ainsi les mit-il en garde, et une dizaine d'entre elles seulement prirent l'habit religieux pour la servir.
Dans cette lande, il avait fait lâcher des insectes ; un soir au crépuscule, à l'heure où le vent donne un peu de fraîcheur, il s'était rendu chez elle sous le prétexte qu'il voulait entendre leur chant, et comme il l'importunait de discours qui montraient qu'il ne s'était point résigné encore, elle n'en ressentait que de l'agacement estimant que ses façons étaient décidément inconvenantes ...
L'Impératrice disait qu'elle aimait pareillement le chant de tous les insectes de l'automne, mais que le grillon des pins cependant l'emportait sur les autres, et elle en faisait rechercher par les landes lointaines, qu'elles relâchait en son jardin ; il en était peu toutefois qui chantassent assez longtemps pour que l'on pût les distinguer clairement. Contrairement à ce que laisse entendre son nom, ce doit être en effet un insecte dont la vie est précaire. De plus, il ne chante à coeur joie qu'au fond des montagnes ou dans les pinèdes des campagnes écartées où l'homme ne les entend, car c'est un insecte qui garde ses distances. Le grillon-grelot par contre est d'humeur facile et enjouée, ce qui fait son charme, dit-il, et la Princesse :
De toutes les saisons
automne je le sais bien
est la plus cruelle
mais bon gré mal gré j'écoute
le chant du grillon-grelot
murmura-t-elle, et elle avait ce disant un charme natif et fort grand air.
Murasaki Shikibu
Le Dit du Genji
xx
xx
Pour en finir avec ces somptueux jardins de la villa Katsura (je vous parlerai de la villa et des bâtiments un peu plus tard ...), j'ai lu que Muriel Barbery, l'auteure de L'élégance du hérisson, devrait sortir un troisième roman où il sera question de jardins japonais. "Je ne sais encore ni dans quelle mesure, ni de quelle manière mais cette certitude s'ancre dans une expérience vécue au printemps 2006 dans les jardins de la villa impériale Katsura à Kyoto - une expérience émotionnellement et esthétiquement si intense que je n'ai de cesse, depuis, de revenir au Japon et d'y rester suffisamment longtemps pour pouvoir contempler les jardins au fil des saison" a-t-elle précisé. Comme je la comprends ...
xx
xx
xx
Merci de votre visite !
xx
xx
03 novembre 2009
Le Prieur du Shoren-in ...
xx
xx

xx
xx
xx
xx
xx
xx
x
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
xx
A l'écart du monde, le temple vivait de la vie habituelle aux temples Zen. Lever, au plus tard, tous les matins, à cinq heures (c'était l'été). On l'appelle "ouverture de la règle". Après le lever, récitation des sutras, occupation matinale : on les récite trois fois, d'où le nom de "triple service". Après le petit déjeuner, désherbage, nettoyage du jardin, corvée de petit bois, etc., ce qu'on appelle "les tâches". Après quoi, en période scolaire, venait l'heure d'aller en classe. Tôt après notre retour, c'était "la médication" ou repas du soir. Puis, quelquefois, il arrivait au Prieur de nous lire les livres sacrés. A neuf heures, "ouverture de l'oreiller", c'est à dire : coucher.
Telle était la routine quotidienne. La clochette agitée chaque matin, tout au long des corridors, par le bonze chargé de la nourriture, donnait le signal du réveil.
Il devait y avoir à l'origine une douzaine de personnes attachées au temple. Mais le nombre des mobilisés et des requis pour le travail obligatoire avait ramené ce chiffre - si l'on excepte le portier-guide, qui avait dans les soixante-dix ans, et la cuisinière, qui en avait près de soixante - à cinq personnes : l'intendant, le sous-intendant et trois novices. Les vieux, déjà couverts de mousse, avaient un pied dans la tombe ; nous autres jeunes n'étions en somme que des enfants.
Yukio Mishima
Le Pavillon d'Or
xx
xx
xx
xx
Merci de votre visite !
xx
xx
30 octobre 2009
Les lotus d'Hideki Kimura au Shoren-in ...
xx
xx

xx
Sur mon bureau solitaire
la libellule
consent à se poser
Taneda Santôka
Il y avait bien trop de monde ce jour-là pour contempler en toute zenitude, du pavillon Kachoden, un des magnifiques jardins du temple Shoren-in ...
xx
xx
xx
xx
En effet, ce n'est pas un cliché, Kyoto est très prisée des visiteurs en automne, ce qui n'était pas le cas lors de mes trois précédents séjours au mois de juillet ... mais c'est vrai que le climat y est bien plus agréable !
Alors, à défaut de jardin, j'ai pu contempler ces étonnants et magnifiques panneaux d'une des pièces du Kachoden décorés par Hideki Kimura, un peintre contemporain japonais né à Kyoto en 1948.
xx
xx
Furu ike ya
kawazu tobikomu
mizu no oto
xx
Un vieil étang
une grenouille plonge
le bruit de l'eau
xx
Matsuo Bashô
xx
xx
Bien sûr, je vous montrerai d'autres parties du temple, ses magnifiques jardins, son bois de bambous ... et tout plein de choses encore ... mais comme vous le savez, je rentre à peine de voyage, aussi, je vais y aller pianissimo ...
xx
xx
xx
Merci de votre visite !
xx
xx
27 octobre 2009
Arashiyama ... dernier jour ... derniere photo ...
xx
xx
A propos du voyage : on peut tres bien retourner quelque part et, contre toute attente, se rencontrer soi-meme, s attardant encore la depuis la derniere fois.
Helen Bevington
xx
Je ne connais pas Helen Bevington, mais etrangement, on dirait qu elle ne connait bien, elle ... Je n ai malheureusement pas le don d ubiquite, mais j ai l impression de ne jamais le quitter, le Japon ...
xx
xx
Je suis heureuse d avoir partage ces quelques jours avec vous, merci de vos visites et a tres bientot !
xx
Sayonara ...
xx
26 octobre 2009
Nishijin, le quartier des tisserands, cher a Yasunari Kawabata ...
xx
xx
Ce ne sont pas quelques gouttes de pluie (dans le matinee seulement ...) qui m ont empechee de me rendre dans ce quartier ou residait Chieko, personnage central du roman de Kawabata, Kyoto, roman qui aura ete un guide precieux pendant ce sejour a Kyoto, qui se termine bientot d ailleurs ...
xx
xx
Les maisons de marchands de Nakagyo furent detruites en grande partie par des incendies, juste avant l avenement de Meiji. Le magasin de Takichiro n y avait pas echappe.
Meme si subsistent de vieux magasins dans le style de la capitale, avec leurs claires-voies brun ocre et, au premier etage, leurs fenetres au treillis serre, ils n ont pas en realite une centaine d annees. On dit, il est vrai, que la reserve en dur qui est au fond de la maison de Takichiro ne succomba pas aux flammes.
Si son magasin n avait pour ainsi dire pas ete refait au gout du jour, cela tenait sans doute au caractere de son proprietaire - mais n etait-ce pas plutot a cause de son peu de succes en affaires ? ...
Yasunari Kawabata
Kyoto
xx
xx
xx
xx
C est a Nishijin que l on tisse encore le brocart utilise pour les kimonos et leurs ceintures ornementales (obi) ... du grand art !
xx
xx
xx
xx
Merci de votre visite !
xx
xx
Dewa mata ...
xx
xx
24 octobre 2009
Visite nostalgique a Gion et Higashiyama ...
xx
xx
Aujourd hui j ai pense plus particulierement a Tanii ...
xx
xx

xx
xx
Les geisha que l on rencontre dans la journee a Higashiyama ...
xx
xx
xx
xx
n ont rien a voir avec les geisha, ou plutot les geiko de Gion ... je vous expliquerai pourquoi !
xx
xx
xx
xx
Merci de votre visite !
xx
xx
Dewa mata !
xx
xx
23 octobre 2009
Aujourd hui ... zen ...
xx
xx

xx
xx
ou plutot zenitude ... puisque ce mot est entre dans le Robert ...
xx
xx
xx
xx
La lumiere de apres-midi eclaire les bambous, les fontaines babillent delicieusement, le soupir des pins murmure dans notre bouilloire.
Revons de l ephemere et laissons-nous errer dans la belle folie des choses.
xx
Okakura Kakuzo
Le livre du the
xx
xx

xx
xx
Merci de votre visite !
xx
xx
Dewa mata ...
xx
xx
22 octobre 2009
Le Jidai matsuri festival ... la fete historique de Kyoto ...
xx
xx
Chaque annee, le 22 octobre, se deroule le Jidai Matsuri, un defile representant les periodes historiques majeures de Kyoto, l ancienne capitale, de l ere Heian (794-1185) a l ere Meiji (1868-1912). Par chance, cette annee, j y etais ...
xx
xx


































































