Le Japon d'Asiemutée

"Un chemin de mille lieux commence toujours par un premier pas" Lao Tseu Mon premier pas au Japon m'a été fatal ... je suis tombée sous le charme du pays du Soleil Levant, de sa culture, de ses paysages ... et je ne m'en suis pas encore relevée !!

vendredi 30 octobre

Les lotus d'Hideki Kimura au Shoren-in ...

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Sur mon bureau solitaire
la libellule
consent à se poser

Taneda Santôka

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Il y avait bien trop de monde ce jour-là pour contempler en toute zenitude, du pavillon Kachoden, un des magnifiques jardins du temple Shoren-in ...

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En effet, ce n'est pas un cliché, Kyoto est très prisée des visiteurs en automne, ce qui n'était pas le cas lors de mes trois précédents séjours au mois de juillet ... mais c'est vrai que le climat y est bien plus agréable !
Alors, à défaut de jardin, j'ai pu contempler ces étonnants et magnifiques panneaux d'une des pièces du Kachoden décorés par Hideki Kimura, un peintre contemporain japonais né à Kyoto en 1948.

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Furu ike ya
kawazu tobikomu
mizu no oto
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Un vieil étang
une grenouille plonge
le bruit de l'eau
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Matsuo Bashô

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Bien sûr, je vous montrerai d'autres parties du temple, ses magnifiques jardins, son bois de bambous ... et tout plein de choses encore ... mais comme vous le savez, je rentre à peine de voyage, aussi, je vais y aller pianissimo ...

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Merci de votre visite !

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lundi 19 octobre

Automne tardif a Kyoto ...

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Ici, a Kyoto, c est  l ete indien (pas comme sur la Cote d Azur ...) si ce n etaient les fruits du ginko qui commencent a etre murs et degagent une odeur pas tres appetissante, on ne se croirait pas a la mi-octobre. Meme les cigales donnent de la voix, aussi ce n est pas demain que je vais pouvoir profiter du Momiji, a part sur les bonsais, les feuilles d erables ne sont pas encore decidees a rougir ! Il va falloir que je prenne de l altitude ...

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Par contre, les nympheas jouent les prolongations ...
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tout comme les passiflores ... 
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et les roses du jardin botanique !
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Alors, autant profiter d un pique-nique au bord de la riviere au sanctuaire Shimogamo ...
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et de la douce lumiere d une fin de journee sur les berges de la Kamo gawa ...
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Par contre, les fleurs chrysanthemes, symbole de la famille imperiale, ne se jouent pas des saisons ...
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Un haiku assez insolite de Matsuo Basho ...

Apres les chrysanthemes,
hors le navet long
il n y a rien

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J exagere un peu, ce ne sont pas des couleurs d automne la ?
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Merci de votre visite !
Desolee pour les accents, mais j ai un portable avec un clavier qwerty ...

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Dewa mata !
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mercredi 19 août

Ruelle dans le hanamachi* de Gion Kobu ...

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Nuit d'été
le bruit de mes socques
fait vibrer le silence

Basho

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"Vers la fin de l'après-midi, tout le monde se retrouvait à l'okiya pour la séance d'habillage. Les portes de la maison se fermaient alors pour le reste de la journée. Les maiko et les geiko prenaient leur bain, se coiffaient, se maquillaient. Ensuite les habilleurs arrivaient pour les aider à revêtir leurs parures. Je mets le mot "habilleur" au masculin puisque c'étaient presque toujours des hommes, les seuls représentants du sexe opposé à pénétrer dans le sérail, et encore, seulement dans la salle d'habillage du premier. Ces spécialistes, dont le savoir-faire avait nécessité des années d'apprentissage, constituent la clé du succès pour une geiko*. Car eux seuls savent préserver l'équilibre d'un costume. Moi par exemple, avec mes quarante-cinq kilos et mon kimono de vingt kilos, il fallait que je puisse tenir sur mes socques en bois de quinze centimètres de haut. Le moindre décalage, le moindre accessoire mal placé ou manquant, et c'était la catastrophe. Le travail de l'habilleur devait être parfait.


Le kimono se porte soit avec des sandales, soit avec ces socques très épais que l'on appelle des okobo, dont la hauteur de talon se trouve en principe compensée par le poids des extrémités de la ceinture de kimono qui traînent presque par terre à l'avant. Ces chaussures ne facilitent pas la marche, mais on estime que l'allure affectée qu'elles nous prêtent rehausse notre charme.


J'ai eu mon propre habilleur, toujours le même, à partir de l'âge de quinze ans et pendant les quinze années que dura ma carrière, sauf une ou deux fois parce qu'il était trop souffrant pour venir. Il connaissait par coeur tous mes défauts physiques, comme cette vertèbre déplacée, conséquence d'une chute, qui me rendait le port du kimono et des divers ornements très pénibles si tout n'était pas arrangé comme il le fallait.


Mais le rôle de l'habilleur va bien au-delà. Il s'entremettra par exemple pour le choix d'une grande soeur, il servira de chaperon dans certaines circonstances et, surtout, il est l'ami de la geiko, souvent son confident, celui vers qui elle se tourne quand elle a besoin d'un encouragement ou d'un conseil.


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Tandis que ces préparatifs touchaient à leur fin et que des messages arrivaient encore pour des réservations de dernière minute, les bonnes nettoyaient le genkan pour l'heure de départ des maiko* et des geiko. Elles balayaient de nouveau, aspergeaient d'eau la terre battue, remplaçaient la petite montagne de sel à l'entrée par une nouvelle. Puis c'était la sortie : telles des reines dans leurs nuages de soie, les geiko et les maiko voguaient vers leurs rendez-vous respectifs.


Après leur départ, la maison paraissait très tranquille. Les apprenties maiko et le personnel dînaient. Je répétais les pas de danse appris ce jour-là, le morceau de koto que j'étais en train de travailler et je faisais quelques exercices de calligraphie. Une fois que je me mis à fréquenter l'école, il fallut aussi m'occuper de mes devoirs. Tomiko, pour sa part, révisait son chant et son shamisen.


Il existait alors à Gion Kobu plus de cent cinquante ochaya ou maisons de thé, au cadre serein et raffiné, bruissantes d'activité chaque soir de la semaine. Une geiko pouvait se rendre en l'espace de quelques heures dans trois ou quatre ochaya différentes, d'où un grand nombre d'allées et venues à la tombée de la nuit dans les ruelles du quartier.


En septembre 1956 fut posé un réseau téléphonique privé qui relia les unes aux autres l'ensemble des okiya et des ochaya. Je me souviens de la couleur des appareils : beiges. Les appels étaient gratuits. Parfois, la sonnerie retentissait alors que les apprenties faisaient leurs devoirs. C'était une maiko ou une geiko qui appelait d'une ochaya, réclamant tel ou tel objet qui lui manquait pour animer son prochain banquet ou dîner, une paire de tabi propres ou bien un éventail pour remplacer celui qu'elle venait d'offrir à un admirateur. Même si elle tombait de fatigue, l'apprentie obtempérait aussitôt, ces courses étant indispensables à sa formation, puisqu'elles étaient l'occasion non seulement de voir comment fonctionnait une ochaya mais aussi de se familiariser avec les gens de Gion.


J'allais me coucher à une heure raisonnable, mais il était plus de minuit lorsque geiko et maiko rentraient à la maison. Après s'être changées, elles prenaient un bain ou grignotaient un morceau, bref, s'accordaient un moment de détente avant de se mettre au lit, jamais avant deux heures du matin. Les deux bonnes qui dormaient dans le genkan* se levaient à tour de rôle pour les servir."

Mineko IWASAKI - "Ma vie de Geisha"

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* Le hanamachi est le quartier des geisha
* A Kyoto on appelle une geisha "geiko"
* La maiko est une jeune geiko
* Le genkan est une antichambre au sol de terre battue

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samedi 15 août

Sur les bords de la rivière Sumida ...

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"La Flamme" - brasserie Asahi - réalisée par Philippe Starck

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Maître Basho

"Le temps passant, il (Basho) voulut quitter la ville, ou du moins son centre. Peut-être l'instruction zen produisait-elle un effet sur son esprit, et sa propre pratique du haïkaï s'approfondissait. Il en avait sans doute assez de ces séances de poésie. Non qu'il eût l'intention de renoncer à son enseignement. Il allait ainsi gagner sa vie jusqu'à la fin. Mais s'il trouvait le moyen de vivre plus chichement, peut-être pourrait-il enseigner moins souvent et d'une manière bien différente. Il était assez connu maintenant pour que les élèves viennent à lui et pour ne plus avoir à répondre au moindre appel de ses clients.

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Il est probable que, vers 1679-1680, il ait parlé de son désir de plus d'isolement et de tranquillité à l'un de ses élèves, Sampu, un marchand de bois. Sampu dit qu'il avait quelque chose qui pourrait lui convenir : une petite cabane à Fukagawa, le quartier où il entreposait son bois, comme tous les marchands de bois d'Edo. Ce n'était qu'un petit logis sur le bord de la Sumida, à l'embouchure du canal à sel d'Onagigawa ...
Basho accepta avec joie. L'un des premiers haïku qu'il écrivit là-bas et qui parlait de sa "petite maison délabrée", comme il l'appelait, fut celui-ci :

xxxxxxxxxxxxxx"Shiba no to ni
xxxxxxxxxxxxxxcha o konoha kaku
xxxxxxxxxxxxxxxarashi kana"
xxxxxxxxxxxxxxx(Il rassemble les feuilles tombées
xxxxxxxxxxxxxxxpour la préparation du thé dans la cabane
xxxxxxxxxxxxxxxle rude vent d'hiver)


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Il n'y avait pas beaucoup de mouettes sur la Sumida, ce matin d'octobre, quand je suis allé visiter l'ermitage de Basho, mais il y en avait une, ce qui fut pour moi l'occasion d'écrire ce petit haïku :


xxxxxxxxxxxxxCe matin-là
xxxxxxxxxxxxxsur les eaux de la Sumida
xxxxxxxxxxxxxune mouette solitaire


Après ma remarque sur le fait qu'au Japon l'essentiel est dans l'esprit, cela ne surprendra personne si je dis que j'ai eu du mal à trouver l'ermitage de Basho.
Aucune indication sur la route, aucun monument à l'emplacement de la maison
On pourrait passer devant sans s'en rendre compte.
Car le site de la petite maison de Basho est maintenant un sanctuaire dédié à Inari, le dieu du riz, qui aime le caillé de soja - ce qui explique pourquoi il y a un morceau de tofu sur le rebord de pierre. Ce n'est que lorsqu'on regarde plus attentivement que l'on voit un rocher sur lequel sont inscrits quatre caractères : Ba shô an ato (Ceci est le site de la maison de Basho).
La maison de Basho n'est pas là.
Où est-elle ?
Dans l'esprit, mais oui, dans l'esprit.
Lui-même parlait de "sa demeure irréelle" ...
Il y a une petite boîte en étain, qui ressemble à une boîte aux lettres, sur le côté du sanctuaire. Dedans, je trouve un cahier d'écolier. C'est le livre d'or.
Je le sors et feuillette les pages :
"Je me suis souvent demandé à quoi ressemblait la maison de Basho. Très petite, je vois. Le véritable esprit de Basho. Comme je suis d'accord."
"Je voulais voir les rives de la Sumida. Et par hasard, je sur tombé sur le Ba shô an. Je suis très content."

Depuis le jour où Basho écrivit ce livre : Oku no hosomichi (La route étroite vers le Nord profond), ce petit site tranquille sur le bord de la Sumida est inséparable de l'idée de routes et de voyage, plus particulièrement en direction du nord."
Kenneth White
Les Cygnes sauvages

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Les bords de la rivière Sumida  - estampes de la collection du musée Guimet

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Deux femmes en barque sur la Sumida passant sous le pont d'Azuma de Liyonaga Torii (1752/1815)

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La rivière Sumida de Shinsa Ryûryûko (vers 1764/1820)

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Crépuscule d'été au bord de la rivière Sumida par Kiyonaga Torii

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Scène printanière au bord de la Sumida par Hokusai Katsushika (1760/1849)

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Clair de lune sur ka rivière Sumida à Edo par Hokusai Katsushika

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La rivière Sumida ; série le Mont Fuji des quatre saisons de Kiyonaga Torii

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Vue de Matsuschi sur la rivière Sumida à Edo de Hokuju Shôtei (vers 1789/1818)

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Merci de votre visite !

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