Le Japon d'Asiemutée

"Un chemin de mille lieux commence toujours par un premier pas" Lao Tseu Mon premier pas au Japon m'a été fatal ... je suis tombée sous le charme du pays du Soleil Levant, de sa culture, de ses paysages ... et je ne m'en suis pas encore relevée !!

vendredi 02 octobre

Le parc d'attraction d'Hanayashiki ... là où le temps suspend son vol ...

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Le parc d'attraction d'Hanayashiki se trouve derrière le Senso-ji à Asakusa. Transformé en parc d'attraction depuis 1947,  il a abrité auparavant un jardin botanique et un zoo (Kawabata en parle dans "Chroniques d'Asakusa").
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"Mina allait tous les jours à l'école primaire Y a dos de Pochiko, l'hippopotame nain.
C'est à cause de sa santé qu'elle n'allait pas à l'école primaire privée de Kobe que son frère aîné Ryuichi avait fréquentée. Qu'il s'agisse de l'autobus scolaire ou de la Mercedes, l'odeur des gaz d'échappement était un des facteurs de ses crises. L'école Y avait été choisie parce qu'elle était la plus proche de la maison et que les allers et retours n'étaient pas une trop lourde charge. Elle se trouvait à environ vingt minutes de marche si l'on franchissait le pont Kaimori au-dessus de l'Ashiya. Le seul problème était la forte déclivité.
Avant d'entrer à l'école primaire, mon oncle avait négocié avec le directeur de l'école pour obtenir la permission que Mina fasse les allers et retours sur le dos de Pochiko. Il paraît que le directeur avait testé lui-même pour savoir si Pochiko était docile et si elle n'attaquait pas les gens. Il avait fait exprès de crier, de jeter ça et là des tranches de pain de la cantine et de lui tirer les oreilles, mais Pochiko avait conservé son calme en se contentant de renifler d'un air agacé. Elle avait passé le test avec succès.
C'est mon oncle qui avait fabriqué, en multipliant les essais et les échecs, les différents éléments pour transformer Pochiko en moyen de transport. Il avait utilisé comme selle une chaise de bébé dont il avait coupé les pieds, une ceinture comme collier et une cordelière et son gland d'embrasse de rideau comme laisse. Il avait réussi à réaliser la première selle pour hippopotame nain au monde. Le matin, monsieur Kobayashi installait Mina sur Pochiko pour l'emmener à l'école et après la classe, ils allaient l'attendre à la sortie. C'était devenu une habitude.
Alors qu'il y avait une Mercedes aussi magnifique, je pensais que c'était dommage, mais je changeai d'avis aussitôt. Puisque Pochiko avait coûté le prix de dix Mercedes, Mina utilisait le véhicule le plus coûteux de la maison."

La marche de Mina
Yoko OGAWA

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mardi 01 septembre

Juste un voeu ... un seul !

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Elle éclata d'un rire joyeux. Et l'ombre qui ternissait la commissure de ses lèvres s'évanouit. Elle s'accouda au bar et me regarda. "Dis-moi. Si tu avais été à ma place, quel aurait été ton voeu ?
- Le soir de mes vingt ans, tu veux dire ?
- Oui."
Je tentai de réfléchir à la question sérieusement. Aucun souhait ne me vint à l'esprit.
"Je ne sais pas, avouai-je honnêtement. Mes vingt ans sont trop éloignés maintenant.
- Vraiment, tu ne peux pas ?"
Je confirmai d'un signe de la tête.
"Alors, tu n'as pas un seul voeu à formuler ?
- Non, pas un seul."
Elle me regarda de nouveau droit dans les yeux. C'était un regard d'une franchise totale.
"C'est parce que tu l'as déjà réalisé."


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"Mais réfléchissez bien, gentille fée, parce que je ne pourrai en exaucer qu'un seul." Quelque part au fond de la nuit, un vieil homme, qui portait une cravate aux nuances feuilles mortes, leva un doigt :
"Un seul. Ensuite, il vous sera impossible d'en changer."


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"Quoi qu'on puisse souhaiter, aussi loin qu'on puisse aller, on reste ce que l'on est, voilà tout."

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Texte extrait de "Saules aveugles, femme endormie" d'Haruki MURAKAMI

Photos prises à Ueno et Asakusa

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mardi 25 août

Le Sanja matsuri bat son plein ...

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Après les enfants, c'est au tour des adultes de porter les mikoshi dans les rues d'Asakusa.
Le premier mikoshi qui sera porté est l'un des trois appartenant au grand sanctuaire d'Asakusa. Il faut pas moins d'une centaine de porteurs pour le bouger ...
Le mikoshi est porté en cadence, rythmée par les coups de sifflet du chef de file. Les porteurs ont une démarche syncopée, chaloupée, ils poussent des cris en cadence, imités par la foule en liesse.

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Les porteurs d'un mikoshi doivent revêtir le même happi (kimono court) frappé de l'emblème des différents quartiers d'Asakusa.

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Les hommes ont les jambes nues - j'ai bien dit les jambes - car bien que l'on ait du mal à s'en rendre compte, ils portent un fundoshi sous leur kimono court. Autrefois sous-vêtement d'usage quotidien, le fundoshi n'est plus porté que pour les cérémonies.

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Les plus courageux sont chaussés de waraji, sandales traditionnelles en paille.
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Enfin, pour compléter la tenue, ils portent un bandeau à l'emblème de leur quartier, le hachimaki, qu'un des organisateurs m'a très gentiment offert.

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Lorsque le leader frappe deux morceaux de bois trois fois, le mikoshi est déposé sur des chevalets : c'est un arrêt buvette. Des boissons sont distribuées aux participants et aux spectateurs. Des jus de fruit, mais aussi du saké, on boit beaucoup de saké pendant le matsuri ...

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Et c'est reparti !!! ça dure comme cela pendant les deux jours du matsuri. Pour vous donner une petite idée de l'ambiance et de la foule, j'ai trouvé cette vidéo sur Youtube ...

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Les chiens aussi portent la tenue traditionnelle ! La mascotte du masturi serait d'ailleurs un chien, Laki, peut-être est-ce lui, il ressemble au chien qui figure sur l'affiche du matsuri des enfants ...

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samedi 15 août

Sur les bords de la rivière Sumida ...

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"La Flamme" - brasserie Asahi - réalisée par Philippe Starck

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Maître Basho

"Le temps passant, il (Basho) voulut quitter la ville, ou du moins son centre. Peut-être l'instruction zen produisait-elle un effet sur son esprit, et sa propre pratique du haïkaï s'approfondissait. Il en avait sans doute assez de ces séances de poésie. Non qu'il eût l'intention de renoncer à son enseignement. Il allait ainsi gagner sa vie jusqu'à la fin. Mais s'il trouvait le moyen de vivre plus chichement, peut-être pourrait-il enseigner moins souvent et d'une manière bien différente. Il était assez connu maintenant pour que les élèves viennent à lui et pour ne plus avoir à répondre au moindre appel de ses clients.

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Il est probable que, vers 1679-1680, il ait parlé de son désir de plus d'isolement et de tranquillité à l'un de ses élèves, Sampu, un marchand de bois. Sampu dit qu'il avait quelque chose qui pourrait lui convenir : une petite cabane à Fukagawa, le quartier où il entreposait son bois, comme tous les marchands de bois d'Edo. Ce n'était qu'un petit logis sur le bord de la Sumida, à l'embouchure du canal à sel d'Onagigawa ...
Basho accepta avec joie. L'un des premiers haïku qu'il écrivit là-bas et qui parlait de sa "petite maison délabrée", comme il l'appelait, fut celui-ci :

xxxxxxxxxxxxxx"Shiba no to ni
xxxxxxxxxxxxxxcha o konoha kaku
xxxxxxxxxxxxxxxarashi kana"
xxxxxxxxxxxxxxx(Il rassemble les feuilles tombées
xxxxxxxxxxxxxxxpour la préparation du thé dans la cabane
xxxxxxxxxxxxxxxle rude vent d'hiver)


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Il n'y avait pas beaucoup de mouettes sur la Sumida, ce matin d'octobre, quand je suis allé visiter l'ermitage de Basho, mais il y en avait une, ce qui fut pour moi l'occasion d'écrire ce petit haïku :


xxxxxxxxxxxxxCe matin-là
xxxxxxxxxxxxxsur les eaux de la Sumida
xxxxxxxxxxxxxune mouette solitaire


Après ma remarque sur le fait qu'au Japon l'essentiel est dans l'esprit, cela ne surprendra personne si je dis que j'ai eu du mal à trouver l'ermitage de Basho.
Aucune indication sur la route, aucun monument à l'emplacement de la maison
On pourrait passer devant sans s'en rendre compte.
Car le site de la petite maison de Basho est maintenant un sanctuaire dédié à Inari, le dieu du riz, qui aime le caillé de soja - ce qui explique pourquoi il y a un morceau de tofu sur le rebord de pierre. Ce n'est que lorsqu'on regarde plus attentivement que l'on voit un rocher sur lequel sont inscrits quatre caractères : Ba shô an ato (Ceci est le site de la maison de Basho).
La maison de Basho n'est pas là.
Où est-elle ?
Dans l'esprit, mais oui, dans l'esprit.
Lui-même parlait de "sa demeure irréelle" ...
Il y a une petite boîte en étain, qui ressemble à une boîte aux lettres, sur le côté du sanctuaire. Dedans, je trouve un cahier d'écolier. C'est le livre d'or.
Je le sors et feuillette les pages :
"Je me suis souvent demandé à quoi ressemblait la maison de Basho. Très petite, je vois. Le véritable esprit de Basho. Comme je suis d'accord."
"Je voulais voir les rives de la Sumida. Et par hasard, je sur tombé sur le Ba shô an. Je suis très content."

Depuis le jour où Basho écrivit ce livre : Oku no hosomichi (La route étroite vers le Nord profond), ce petit site tranquille sur le bord de la Sumida est inséparable de l'idée de routes et de voyage, plus particulièrement en direction du nord."
Kenneth White
Les Cygnes sauvages

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Les bords de la rivière Sumida  - estampes de la collection du musée Guimet

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Deux femmes en barque sur la Sumida passant sous le pont d'Azuma de Liyonaga Torii (1752/1815)

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La rivière Sumida de Shinsa Ryûryûko (vers 1764/1820)

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Crépuscule d'été au bord de la rivière Sumida par Kiyonaga Torii

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Scène printanière au bord de la Sumida par Hokusai Katsushika (1760/1849)

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Clair de lune sur ka rivière Sumida à Edo par Hokusai Katsushika

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La rivière Sumida ; série le Mont Fuji des quatre saisons de Kiyonaga Torii

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Vue de Matsuschi sur la rivière Sumida à Edo de Hokuju Shôtei (vers 1789/1818)

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dimanche 26 juillet

Petite chronique d'Asakusa : Sanja matsuri ... les enfants aussi ...

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Les enfants aussi ont droit à leur matsuri ...

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Les mikoshi sont adaptés à leur taille ...

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Les taiko aussi ...

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Comme les adultes, les enfants vont défiler dans le quartier, encadrés et aidés par leurs parents ... les sanctuaires portatifs, même petits, sont très lourds ...

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La "chef" du mikoshi des filles ... c'est elle qui a le sifflet !!

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C'était aussi l'occasion de photographier de belles "bouilles" ...

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enfin, pas que de belles "bouilles" ...

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De la normalité ... (petit clin d'oeil à Désirée ...)

"C'est un penchant qui s'est asséché et émoussé avec le temps, mais il est toujours resté ancré en moi : enfant, puis adolescent, je ne rechignais pas à consacrer une journée entière à la rêverie. Pour ceux qui n'ont pas eu cette vie particulière, entièrement placée sous l'influence du rêve, cela ne pouvait présenter qu'un danger, si bien que ma grand-mère et mon père, inquiets de mon avenir, et en même temps trop confiants en mon intelligence naturelle, ont sans doute, pour la réveiller, imaginé qu'il fallait ôter la toile d'araignée qui emprisonnait les ailes de la jeune libellule, au risque de la tuer, afin de permettre à ma nature de s'envoler librement
Ils ont cherché à supprimer tout ce qui était bizarre autour de moi. A commencer par mon livre de chevet Les Mille et Une Nuits (en vérité, ce qui fascinait l'enfant que j'étais n'était ni "Aladin ou la lampe merveilleuse" ni "Les voyages de Sindbâd le marin", mais la beauté mélancolique de la scène du harem qui révélait l'infidélité de l'épouse de Shâhriyâr ou l'histoire du roi de l
'île
d'Ebène), puis les contes brutaux de Grimm, une étrange statuette de divinité maléfique du Pacifique sud, une boite à bijoux en ébène que je m'étais amusé à faire passer pour un cercueil en y casant une petite poupée et qui nous permettait, à ma cousine et à moi, de jouer aux funérailles, etc. : tous ces objets de collection qui pouvaient paraître malsains, du moins aux yeux des adultes, ont été ainsi confisqués. Mais, au fond, qu'est-ce que le critère immuable de la santé et de la normalité ? Ce qui est normal pour les adultes devrait-il l'être aussi pour les enfants ? Et inversement, y aurait-il une raison pour ce qu'un enfant trouve véritablement normal pour un coeur d'enfant doive nécessairement le paraître aux yeux d'un adulte ? Cette opposition entre adultes et enfants pourrait créer un malentendu chez certains. Oui, un malentendu - ni plus ni moins. Car leur reproches avaient pour présupposé leur domination sur l'univers des enfants.

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Ma grand-mère et mon père (ma mère était la seule à me comprendre) ne manquaient pas de tomber dans le même type d'erreur : ils se sont trompés sur moi et ils se sont trompés de thérapie. Jamais, en effet, la rêverie ne m'avait empêché de m'envoler. Il y avait longtemps que je m'étais envolé dans un autre type d'envol que celui qu'ils imaginaient.
En me voyant plongé dans une rêverie, ils étaient loin de concevoir que, dans mon for intérieur, je déployais les ailes sous un vaste firmament, d'une constellation à l'autre ; ils ont ainsi arraché de force la toile d'araignée scintillante qui s'accrochait à moi, mais ce qu'ils prenaient pour une toile d'araignée n'était en réalité que mes ailes, aussi fragiles que celles d'un éphémère. C'étaient précisément eux qui empêchaient l'envol de mon naturel, mais souvent l'échec d'un acte est sauvé par la pertinence de son but. Dans mon cas, il y avait également des effets bénéfiques. Cela me permit de sortir d'une rêverie jusqu'alors entièrement passive et m'enseigna le courage d'assumer la rêverie. Les Mille et Une Nuits, je devais les rédiger de ma propre plume sans compter sur les livres qui me seraient offerts. Je suis passé d'une simple absorption dans la rêverie au courage de l'assumer. Cela dit, il existe aussi un certain type de courage qu'il n'est possible d'acquérir qu'en passant par l'étape de l'absorption."
Yukio MISHIMA
"Une matinée d'amour pur"
Extrait de la nouvelle "Une histoire sur un promontoire"

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dimanche 19 juillet

Petite chronique d'Asakusa ... aux premières heures du Sanja matsuri ....

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Sanja matsuri est une très grande fête qui a lieu à la fin de la troisième semaine de mai dans le quartier d'Asakusa, au sanctuaire Asakusa jinja, sanctuaire shinto situé dans l'enceinte du Senso-ji. Le Sanja matsuri est l'un des plus importants matsuri de Tokyo.

Construit en 1649, l'Asakusa jinja est dédié aux deux pêcheurs qui, en l'an 628, sortirent des eaux de la Sumida une statuette en or de Kannon, bosatu de la miséricorde.


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Les mikoshi (sanctuaires portatifs) sont exposés avec les offrandes faites par de généreux donateurs - principalement du saké et des kagami mochi (gâteaux de riz circulaires) - avant d'être portés par des milliers de personnes à travers les rues du quartier durant trois jours de frénésie ...


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Petite répétition de la présentatrice de la télévision locale. Le matsuri sera amplement diffusé sur les télévisions de Tokyo mais également à travers tout le Japon.


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Les organisateurs portent le happi (kimono court) à l'emblème d'Asakusa qui représente trois filets de pêche.


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Les premiers à défiler sont les organisateurs, puis des personnages en vêtements traditionnels ...


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ainsi que les geisha qui ont toujours autant de succès !!


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Enfin, c'est au tour des prêtres shinto de célébrer la cérémonie religieuse à l'Asakusa jinja, à l'origine du Sanja matsuri dès la période Edo (1603 - 1868).


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L'assistance est bénie, les kami sont satisfaits, que la fête commence ... elle durera trois jours et presque autant de nuits ... ça va être chaud, je vous le promets !!!!
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mardi 30 juin

Petite chronique d'Asakusa : un peu d'histoire ... d'Asakusa au quartier des plaisirs de Yoshiwara ...

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Asakusa est le quartier de Tokyo qui m'est le plus familier. C'est là que j'ai séjourné lors de mes deux séjours dans la capitale nippone, en juillet 2006 et mai 2009.

Asakusa, situé au nord-est de Tokyo, est au coeur de la ville basse (Shitmachi) - en opposition à Yamanote, la ville haute - là où s'installèrent à l'époque d'Edo les commerçants et artisans ; la ville haute étant alors réservée aux samouraïs et à leur famille.


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Géographiquement, Asakusa est bien situé en dehors de la fameuse ligne Yamanote qui encercle la ville haute qui comprend une grande partie des quartiers huppés de Tokyo.


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C'est donc parce que je connais un peu mieux Asakusa, et que j'ai un réel attachement à ce quartier, que je vais en parler un peu plus longuement, au travers de "Petite chronique d'Asakusa", clin d'oeil à l'oeuvre de jeunesse de Kawabata Yasunari "Chronique d'Asakusa".


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Un peu d'histoire donc ...

Dès l'époque des Tokugawa (1603/1867) les foules affluent sur Asakusa. Le quartier, situé au nord-est d'Edo, se développe autour du Senso-ji, le plus vieux temple bouddhiste de la ville.


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En ces temps, la vie est particulièrement rude ; rendre visite au temple Kannon est un acte des plus recommandables.


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Pourtant, malgré ses mille feux, la divinité n'aurait jamais été aussi éclatante sans l'aide de quelques ombres voisines : la première est celle qui place Asakusa sur la route menant à Yoshiwara, célèbre royaume des maisons closes.


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Quartier des courtisanes vers 1890


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La seconde est le fait des autorités shogunales qui, au milieu du 19ème siècle, refoulent en périphérie le kabuki, théâtre jugé trop délétère pour le coeur de leur cité. Ses acteurs qui jouent des rôles de femmes (onnagata) envahissent alors Asakusa et apprennent auprès des courtisanes de Yoshiwara.

Après la deuxième guerre mondiale, Asakusa est réduite en cendres. Le quartier se reconstruit, sans perdre pour autant son échelle humaine.


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Prélude au désir d'Utamaro Kitagawa (1753-806)


L'art du plaisir - l'ukiyô-e, le monde flottant ...

Situé au nord d'Asakusa, Yoshiwara (rebaptisé aujourd'hui Senzoku) fut une enclave de plaisirs pendant trois siècles (1657/1957). Le shogunat ne pouvant interdire la prostitution (beaucoup de célibataires vivaient alors à Edo) décida de la parquer.


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Yoshiwara 1791/1792 - Shusho Katsukawa


Le quartier clos précéda les maisons closes avec un art du plaisir, dit-on, des plus subtils selon le rang des courtisanes. Car celui-ci avait son étiquette. Il faillit même trouver sa voie comme l'art de la guerre ou l'art du thé.


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Yoshiwara 1791/1792 - Shusho Katsukawa


Au milieu du 18ème siècle, le quartier comptait plus de 7000 filles - certaines peu fortunées - l'art d'aimer relevant de la survie pour nombre de paysannes embrigadées. Un temple leur était même dédié : Nagekomi dera (celui où on jette les corps).


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Le quartier des plaisirs de Yoshiwara est évoqué dans le film japonais réalisé par Mika Ninagawa : Sakuran.


Alors que je me promenais dans les jardins du Senso ji, une photographe était en train de réaliser des photos de "courtisanes" et m'a très gentiment autorisée à prendre ces photos  ...


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jeudi 11 juin

La loterie sacrée d'Asakusa ...

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Les Japonais se rendent souvent dans les sanctuaires (ici au Senso-ji d'Asakusa) pour consulter l'omikuji (la loterie sacrée ...) notamment avant un évènement important (voyage, mariage ...).

Il suffit de secouer une boîte et attendre qu'une fine baguette sorte par un petit trou. Sur cette baguette, figure un numéro de 1 à 100 en numérotation japonaise. Il faut alors prendre un papier dans le tiroir en bois qui porte ledit numéro.

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Il y a alors quatre probabilités :

- daikichi (très grande chance)
- kichi (grande chance)
- shokichi (petite chance)
- kyo (malchance)

Seul le kyo sera attaché à un fil ou à la branche d'un arbre pour conjurer le mauvais sort !


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A voir le sourire de la jeune fille, je suis persuadée qu'ils n'ont pas tiré un kyo ce jour-là !!
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