24 février 2009
Sur les bords de la Rivière aux Canards - Kamo Gawa - où est né le théâtre kabuki ...
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Sur les bords de la la Kamo Gawa - la Rivière aux Canards - à Kyoto se trouve la statue d'Izumo no Hokuni qui, il y a plus de 400 ans, interpréta un spectacle d'un genre nouveau qui évoluera pour devenir une forme de théâtre connue sous le nom de kabuki.
Izumo no Okuni est née, vers 1570, dans la province d'Izumo où elle officiait en qualité de prêtresse du grand sanctuaire d'Izumo. A cette époque, les sanctuaires avaient coutume d'envoyer leurs prêtres à travers le pays afin qu'ils présentent des spectacles à caractère religieux et recueillent des fonds en trouvant, le cas échéant, de généreux mécènes. Ainsi, Okuni avait été envoyée à Kyoto avec pour mission d'y interpréter des chants et des danses sacrées ; sa beauté et le caractère novateur de ses prestations firent d'elle une célébrité.
Okuni refusa de retourner au sanctuaire et entama une carrière artistique en se produisant, à partir de 1603, sur les berges de la Kamo Gawa. Les foules accouraient pour voir ses spectacles : un mélange de danse et de théâtre puisant dans les faits divers de l'époque. Okuni y tenait tous les rôles, ceux des hommes comme des femmes et présentait des spectacles qui n'avaient aucune chorégraphie et qui étaient appelés kabuki (ce qui veut dire excentrique).
Grâce à l'aide financière de son protecteur, un certain Sanzaburo Ujisato, Okuni introduisit une continuité à ses numéros de danse et de théâtre. Vingt-cinq ans durant, elle et sa troupe se produisirent sur les bords de la Kamo Gawa. Ses spectacles à succès attiraient aussi bien les gens du peuple que les puissant. Aussi, les propriétaires des maisons de plaisir organisèrent à leur tour des spectacles où les prostituées imitaient les danses d'Okuni. Les scandales provoqués par ses interprètes qui exerçaient la double activité d'artiste et de prostituée furent à l'origine d'un édit du shogun qui décréta l'interdiction pour une femme de se produire sur scène. Les danseuses furent alors remplacées par des adolescents efféminés qui causèrent à leur tour de nombreux scandales sur fonds d'homosexualité. En 1652, le shogun ordonna cette fois que les acteurs de kabuki devraient être des hommes d'âge mûr.
Le théâtre kabuki prit ainsi le caractère strictement masculin qu'il a aujourd'hui encore : tous les rôles y sont tenus par des acteurs professionnels, y compris les rôles féminins (onnagata) reconnaissables sur les illustrations de l'époque au petit mouchoir qui couvre le haut de leur crâne rasé.
Le jeu des acteurs prit de plus en plus d'importance dans le spectacle théâtral, si bien que le succès d'une pièce tenait essentiellement à leur capacité de captiver l'attention par leur talent et leur science des poses. Le public venait, non pas de la classe militaire des samouraïs qui préféraient l'aristocratique théâtre Nô, mais des rangs de la riche bourgeoisie qui aimait les histoires liées à la vie quotidienne, les costumes fastueux et les expressions exagérées.
La plupart du répertoire du kabuki, dont les oeuvres ont été écrites aux 17° et 18° siècles, est aujourd'hui d'une variété extraordinaire.
Au début du 17° siècle, Kyoto ne comptait pas moins de 7 théâtres de kabuki. Aujourd'hui, un seul subsiste, le Minami Za, qui fut le premier théâtre de kabuki a avoir été construit, en 1615.
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L'été, sur les bords de la Kamo Gawa, Isumo no Okuni ne danse plus.
Les restaurants de Pontocho ont installé leurs terrasses (yuka). Les dîneurs et les promeneurs qui profitent de la fraîcheur bienfaitrice de la Rivière aux Canards en ces chaudes soirées de juillet croient apercevoir, parfois, une frêle et gracieuse silhouette esquissant quelques pas de danse …
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Commentaires
Vraiment dépaysant l'endroit...
elles sont jolies tes photos de nuit...
bonne soirée Domi...
Ma fille dort à côté, je n'ai donc pas mis le son pour regarder la vidéo. Et chose incroyable, le kabuki m'a fait penser à ces films muets de Buster Keaton. On dirait du burlesque! Ce doit être les expressions exagérées, tout à fait comme dans les films muets où l'on devait se faire comprendre du spectateur par la seule expression du visage et du corps (logique puisqu'il n'y avait pas de son). Je crois savoir que le nô est beaucoup plus solennel?
Enfin cette histoire est édifiante quand même. Crée par une femme le kabuki leur a été ôter par le pouvoir en place, je trouve cela assez injuste. Est-ce pour le nô ou le kabuki que les acteurs, souvent de père en fils, portent des numéros à côté de leur nom, genre "Charles Attan III"?
Bises et merci Domi pour cet article intéressant, et les costumes (je suis très "chiffon") sont vraiment extravagants.
L'endroit est superbe de nuit et il doit effectivement faire bon se balader là le soir au bord de la rivière aux canards. Dommage qu'il ne reste plus qu'un seul théatre qui puisse donner le spectacle...
Bisous à toi et bonne journée, Syl
Un voyage dépaysant qui me fait du bien mais pas assez concentrée pour tout lire.
Merci pour ce fort agréable dépaysement Domi.
Tes photos de nuits sont magnifiques.
Bonne journée.
Amitiés. Richard
plus je te lis plus je regrette de ne pas y avoir fait un"saut" alors que j'étais dans le Pacifique !!
Merci pour le tout !! Amitiés.
Bonjour Domi, pas de pixelisation sur tes photographies de nuit. Mon appareil est très médiocre pour les zooms et la nuit extérieure.
C'est mon jour de balade sur les blogs. Je passe du Japon, au Canada sans bouger de ma chaise. Je rêve de grands voyages et sachant qu'ils ne se réaliseront jamais je te remercie pour ce dépaysement que tu m'apportes.
Je t'embrasse
oui en effet les femmes n'ont pas encore leurs places dans ce milieux très fermé pourtant sommes en 2009....mais bon les coutumes sont tenaces...
bisous
très beau ce reportage sur cet étonnant théatre, fait d'hommes....très belles photos de nuit
Bisous
Françoise
Je sais que je vais passer un bon moment ce week end en te lisant Domi, belle journée ensoleillée!
amitiés,béa.
j'irai bien y faire un petit tour ce week end, mais ça va peut être faire juste non ? lol
Bisous et bonne fin de semaine
Syl
Bonjour Domi
Comme toujours un beau reportage ! Elles sont belles ces photos de nuit !
Amitiés et bonne journée
Alain
Un petit tour pour te souhaiter un bon WE, Domi
Amitiés du samedi
Alain
Un bref passage pour te souhaiter un bon week-end Domi.
Amitiés. Richard
C'est un voyage à travers le temps et l'espace d'un temps, je ne sens plus la rudesse de l'hiver.
Beau spectacle. Ce bourg est si différent. On se croirait dans une station balnéaire de 1920 !
"Pas à Pas"
bonsoir Domi, je passais te dire bonsoir.... j'ai regardé tes photos qui sont superbes, mais demain je reviendrai lire le texte pour ne rien perdre.... bises et bonne nuit
Nouveau passage pour admirer les photos cette fois et pour te souhaiter une bonne semaine.
Bisous à toi,
Syl
Un petit coucou pour te souhaiter une bonne semaine Domi.
Amitiés. Richard
Les onogata , Japon fort prude ?
Merci pour cette info sur l'origine des acteurs de kabuki Domi. En plus du depaysement chez toi, on ressort toujours avec des info fort enrichissantes. Bon après-midi
Une belle note sur l'histoire de cette fameuse forme théâtrale. Tu excelles à raconter et aime ça! L'illustration est superbe.
Il faut noter qu'à la même époque, au théâtre du Globe, à London, tous les rôles étaient également tenus uniquement par des hommes. Serais-ce un phénomène général ? Un métier particulier.
Plus je passe moins il y a de canards mais il y a de en plus en plus de monde lol...
Bisous à toi et bonne journée,
Syl
j'ai lu Nakata, je reviendrai pour les autres !!
Bonne journée. Amitiés !










